SCÈNE IL
AMULAKI, ACHMET.
AMULAKI.
Mais, mon fils, je veux que nous ayons le bonheur de trouver une esclave que nous puissions faire passer pour votre sœur... Je ne suis pas sans inquiétude sur cette supposition.
ACHMET
Qui peut vous inquiéter?
AMULAICT.
Ne voyez-vous pas bien qu’il faudra que nous fassions connoître à cette esclave l’artifice que nous employons... Peut-être que son indiscrétion...
ACHMET
Oh ! ne craignez point cela. Quand vous l’aurez instruite de vos intentions, vous verrez qu’elle sera flattée de l’honneur de passer pour la fille du grand vizir.
Am : Quand le 'péril est agréable .
L’esclave fut-elle adorable,
Je doute fort que ses beaux yeux,
Près du sultan la servent mieux Que ce nom favorable.
ACHMET ET ALMANZINE.
Elle aura donc autant d’intérêt que vous à garder le secret.
AMULAKI.
Autre difficulté. Il se répandra bientôt dans Constantinople que ma fille est au sérail. Mes domestiques sauront le contraire, et tout se découvrira.
ACHMET
Vous n’avez qu'à envoyer vos esclaves à votre maison de plaisance, en prendre de nouveaux et faire passer, dans l’esprit de ceux-ci, Attalide pour votre nièce.
AMULAKI. '
Oui-dà. Nous préviendrons là-dessus votre sœur.
ACHMET
Sans doute : mais il ne faut pas lui en dire. la raison,, ni qu’elle sache que votre affection pour elle va jusqu’à la refuser au sultan.
AMULAKI.
Pourquoi cela?
- ACHMET
Am : Amis , sans regretter Paris.
C’est qu’il me semble que ma sœur,
De cette confidence,
Pourroit avoir plus de douleur,
Que de reconnoissance.
AMULAKI.
Non, non! je commis mieux que vous Attalide. Hélas ! la pauvre enfant ne demande pas mieux que de passer ses jours avec son père.
ACHMET
Ain : Je le crois bien.... je rien crois rien.
Qu’une fillette soit contente,
Près d’un bon papa qu’elle enchante,
Je le crois bien ;