ACTE i, SCÈNE XJ
ACHMET
Ah! mon ami, tu connois peu l’amour et les ruses qu’il emploie pour arriver à ses fins. Si je me suis déclaré en faveur de Zélica, c’est que je voulois engager mon père à la choisir pour le sullan.
PIERROT
Oh ! oh ! voilà donc pourquoi Almanzine vous paroissoit avoir l’air grimaud et les yeux loup-garou ! Qui diantre eût pensé que vous disiez cela par malice ?
ACHMET
Air : Il est tems que je me venge .
Quand je tenois ce langage,
Quand j’offensois ses appas,
Mon cœur, en secret, hélas !
Expioit bien cet outrage !
PIERROT
Le projet était fort bon.
Par ma foi, c’est grand dommage Que notre obstiné barbon N’ait pas gobé l'hameçon.
ACHMET
Je ne la verrai plus! Et, pour comble de tourment, je lui ai donné sujet de croire que je la méprise. Je ne puis la détromper. Elle doit bien me haïr.
Oh ! je 11e doute pas qu’ Almanzine ne soit enragée contre vous. Mais qu’est-ce que cela fait! Allez, consolez-vous, seigneur Aclimet.
Air : Voyelles modernes.
Vous avez pour maîtresse La belle Zélica, a, a, a.
Laissez à Sa Hautésse Courtiser celle-la, a4 a, a.
ACHMET ET ALMANZINE.
Pour en perdre la mémoire . D’un peu d’eau de l’oubli,
Biribi
Il faut boire, (bis.)
ACHMET
Non, je ne pourrai jamais oublier Almanzine.
PIERROT
Ali ! ah ! je vois déjà revenir le grand vizir. Qu’au roit-il donc? Il paroît bien agité.