ACTE II, SCÈNE I
Je crains que sa tendresse Ne dure pas.
SOLIMAN
Ah! ma sultane, n’écoutez point cette crainte frivole.
ALMANZINE.
Seigneur, j’ai de la peine à me rassurer. Le grand vizir vous a fait un si beau portrait de sa fille !
Air : On ne peut , quoi que Von fasse.
Sur le rapport de son père.
Vous voudrez la voir quelque jour :
En la voyant, votre colère,
Pourra se tour,
Loure, loure, loure, loure, loure, lour,
Pourra se tourner en amour.
SOLIMAN
Air : Sois complaisant,’ affable, débonnaire.
D’une houri, quand elle auroit l’image,
Je la verrois, sans devenir volage ;
Mais, puisqu’elle vous fait ombrage,
Je ne la verrai jamais.
Elle va venir. Comme vous la connoissez, je vais donner ordre qu’on vous l’amène. Je veux savoir de vous-même si son père ne me trompe point une seconde fois.
Air : Faites boire à triple mesure.
Pour vous laisser seule avec elle,
Soliman s’éloigne de vous ;
Mais vous le reverrez, ma belle,
Dans un moment à vos genoux.
ACHMET ET ALMANZINE.