‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 312 sur 408 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ALMANZINE, ACHMET, PIERROT en nourrice.

PIERROT^ dans le lointain.

Am : Lurelui

Ma chère Attalidette,

Dans quel endroit es-tu V Lurelu.

Viens recevoir, poulette,

Celle qui t’allaita.

Larela,

Lurelu, larela, lirette,

Ah I ma foi, la voilà.

ACHMEt.

Eh! c’est toi, Pierrot! Ah! que tu nous a mis eii peine. Quelle extravagance ! Pourquoi as-tu hasardé un pas si dangereux ?

PIERROT

Par amitié pour vous. Je venois, sous ée déguisement, vous aider à supporter la rude besogne où je vous croyois condamné dans les cuisines du sérail.

ACHMET ET ALMANZINE.

Air : Ma raison s’en va bon train.

Mais je me suis fort trompé ;

Et je vous trouve occupé D’un plus doux emploi,

Qui n’a rien, je croi,

Qui puisse vous déplaire.

Je m’imagine que, sans moi,

Vous pourrez bien le faire,

Lon la,

Vous pourrez bien le faire.

ACHMET

Oui, mon ami. Grâce aux bontés d’Almanzine, mon déguisement a réussi ; et le sultan, à sa prière, veut bien que je demeure auprès d’elle.

PIERROT

Je vous en félicite. Vous êtes deux bonnes pâtes d’enfans.

Air : Perrette, étant dessus Vherbette.

Tar la jarni ! c’est grand dommage Que vous soyez tous deux -en cage.

Vous me paroissez fort contens ;

Mais vous le seriez davantage,

Si vous aviez la clé des champs.

ALMANZINE.

J’espère que nous ne serons pas ici toute notre vie, et que nous trouverons peut-être bientôt un expédient pour nous échapper.

PIERROT

Pourquoi non? Tout est possible aune paire d’amoureux... Veulent-ils prendre la poudre d’escampette?"

Air : Les proverbes.

Au-devant d’eux, les murs se démolissent ;

On voit les eaux tarir ou se glacer ;

Les plus hauts monts tout à coup s’aplanissent,

Alin de les laisser passer.

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