‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 326 sur 408 · ACTE III, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE Y

PIERROT

Almanzine est allée avec Attalide au balcon, où je les ai suivies. Almanzine pleuroit à chaudes larmes, en disant : Ah ! le méchant sultan !

Air : O reguinguë, ô Ion, lan, la.

Nous allons le voir arriver,

Il vient pour me faire enlever.

La peste le puisse crever !

Mais j’aime mieux perdre la vie Que de contenter son envie.

Ciel!

PIERROT

Et moi, a dit Attalide, plutôt que de me voir ici captive le reste de mes jours, je suis prête à me donner la mort. Eh bien! mourons tout à l’heure , lui a dit Almanzine.

Air : Très-volontiers, mon père.

J’approuve ce dessein,

Lui réplique A.ttalide ;

Jetons-nous dans le sein De la plaine liquide.

L’autre répond soudain :

Très-volontiers [bis), ma chère.

Dans ce lieu-ci,

Jetons-nous-y La tête la première.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Almanzine d’un côté... Pon!... Attalide de l’autre... Pouf!

SOLIMAN

Quelle fureur !

ALI

Gela est surprenant.

PIERROT

Elles ont fait leur coup si brusquement, que je n’ai pu les 'retenir.

SOLIMAN

Mon malheur se peut-il concevoir 1

PIERROT

J ai eu d’abord envie de me jeter dans l’eau après Attalide, ma chère nourriture; mais je me suis trouvée si saisie, que je n’en ai pas eu la force.

SOLIMAN

Am : Le vin a des charmes puissants.

Ingrate Almanzine, ton cœur M’a donc trouvé bien détestable,

Puisqu’aux transports de mon ardeur La mort te parut préférable !

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