SCÈNE III
PIERROT, GOLOMBINE.
COLOMBINE, flattant Pierrot.
Air : Quand la 1er g ère vient des champs.
Ah! c’est toi, Pierrot, mon poulet,
Mon dadouillet,
Mon grassouillet !
PIERROT
J’allois chez toi, mon doux souci,
Pour te remettre Certaine lettre....
Tiens, la voici.
CQLOMBINE, après avoir joté les yeux sur la lettre.
Air : Je reviendrai demain au soir.
C’est une lettre du docteur.
Ah ! le vieux radoteur, (bis.)
PIERROT
Avec sa face de hibou,
Il croit plaire, il est fou.
COLOMBINE, après avoir lu le billet, le déchire.
Air : O reguinguê , ô Ion Ion la.
Pierrot, vois le cas que je fais De ton maître et de ses poulets.
C’est un magot des plus complets.
Il faut, pour toucher Colombine,
Un amant de meilleure mine.
PIERROT, sur le même air.
Je lui dis cela tous les jours ;
Mais c’est un esprit à rebours.
Pour aspirer à tes amours,
LE TEMPLE Dü DESTIN.
Il a vraiment fort bonne grâce.
S’il me ressembloit, encor passe.
COLOMBINE
Air : Allons, gai.
Oui, j’aime ta figure;
En dépit des jaloux,
Tu seras, je t’assure,
Quelque jour mon époux.
Allons, gai,
D’un air gai , etc.
PIERROT
Am : Ht zon, zon, zon.
Parles-tu tout de bon ?
COLOMBINE
Je suis fille sincère :
Je veux un bon garçon.
PIERROT
Je suis donc ton affaire.
Et zon, zon, zon,
Lisette, la Lisette,
Et zon, zon, zon,
Lisette, la Lison.
Air : Je me ris, je me ris d’eux.
A mes autres amoureux,
Mon ami, je te préfère.
Que, dans l’ardeur de leurs feux, Ils cherchent tous à me plaire,
Je me ris, je me ris, je me ris d’eux.
Ta seule amitié m’est chère.
Je me ris, je me ris, je me ris d’eux : Pierrot est l’amant heureux.