‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 143 sur 331 · LÉANDRE, PIERROT · texte numérisé non relu

LÉANDRE, PIERROT

PIERROT, tout essoufflé.

Air : L’amour me fait, Ion, Ion la.

Qui, diantre, vous arrête?

Vous me faites courir....

Monsieur, la barque est prête.

LÉANDRE

Ali! laisse-moi périr!

L’amour me fait, lon-lan-la,

L’amour me fait mourir.

PIERROT

Air : L’autre nuit j’aperçus en songe.

Qui vous trouble donc la cervelle?

LÉANDRE

L’événement le plus fatal.

Apprends qu’un indigne rival Ya posséder mon Isabelle.

Il faut, pour terminer mon sort,

Que je me donne ici la mort.

(Il tire son épée., et veut s’en percer.

PIERROT, lui saisissant le bras.

Air : Quand on a prononcé ce malheureux oui.

Mais vous n’y pensez pas. Morgué, quelle sottise De faire tant de train pour cette marchandise!

Vous en aurez un jour tout chargé votre cou,

Et vous direz alors : Bon Dieu, que j’étois fou!

LEANDRE, cherchant à se débarrasser.

Air : La ceinture.

Laisse-moi.

PIERROT, lui arrachant son épée.

Non, je ne veux pas.

LÉ ANDRE

Rends-moi ce fer.

Vaine prière.

LÉ ANDRE

Je vais donc chercher le trépas Dans cette profonde rivière.

(Léandre s’échappe des mains de Pierrot, le renverse, et va se précipiter dans la rivière. N’ayant pas lo courage de se jeter à l’eau pour sauver son maître, Pierrot s’écrie :

Ali! mon pauvre maître!... Au feu! au feu!.... Allons chercher monsieur le docteur.

(il sort en courant.)

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