SCENE III
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LUCAS
D’autres que moi en avont itout de l’esprit, je vous en avertis.
MADAME THOMAS
Hé , qui donc?
LUCAS
Gros- Jean , maître Piarre le tavarnier et Biaise le veigneron. Je les accoutis tous trois jaboter hier au soir au travers d’une haie. Tâtigué, comme il en dégoisiont !
MADAME THOMAS
Que disoient-ils?
Voyez-vous ste madame Thomas, ce faisiont-ils, voyezvous comme aile se redresse, (b 'une voix grosse. ) Je gagerois, ce disoit Gros-Jean, qu’ai’ ne sera pas encor très mois sans reprendre du poil de la bête. (D’une voix aigre.) Pargué, ce faisoit maître Piarre, est-ce qu’ vous ne savez pas bian qu’allé lorgne son valet Lucas? (D’une voix enrouée.) Par ma foi, ce disoit Biaise, ils se connoissont bien tous deux; et si aile fait ce marché-là, al’ n’achetera pas chat en poche.
MADAME THOMAS
Voyefc uh peu les médisans! Mais je sais le moyen de les faire taire-.
LUCAS
Ëtmoij itout. Je n’avons besoin pouf ça que du curé et du tabellion.
MADAME THOMAS
C’est ce que je voulois dire, mon cher Lucas.
Air : Lampons , lampons.
Oui, malgré tous les jaloux, {bis.)
Tu deviendras mon époux ; [bis.)
LES AMOURS DE NANTERRE
Je ferai ce mariage A la barbe du village.
Je veux, je veux,
Mon ami, te faire heureux.
LUCAS, ôtant son chapeau.
C’est bien de l’honneur pour moi, dâ. Mais il faudra que cela vase.
(Il fait l’action de comptée de l’argent.)
MADAME THOMAS
Tu seras content. Mais sais-tu bien, mon poulet, ce que j’ai fait pour toi?
Air : Ton humeur est, Catherine.
J’ai méprisé la tendresse,
Des plus huppés du canton.
LUCAS
Je vous pourrois bien, maîtresse,
Parler sur le même ton.
Vingt filles des plus fringantes,
Qui grillont pour mon musiau,
Se trouveriont bian contentes De se charger de ma piau.
MADAME THOMAS
Si j’avois voulu écouter certaines propositions, je serois à l’heure qu’il est une grosse madame de Paris ; mais j’aime mieux un bon paysan qu’un monsieur.
LUCAS
Vous avez raison. Les paysans avont l’amiquié plus farme.
MADAME THOMAS
Cours vite t’acquitter de la commission que je t’ai donnée. Je vais t’attendre au logis.
Air : Quand le péril est agréable.
Allez, je vas biantôt vous suivre.