‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 21 sur 331 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MEZZETIN, PIERROT, le GRAND VISIR.

LE GRAND VISIR

Air : Voulez-vous sçavoir qui des deux ?

Charmant objet de mes amours.

Cessez de craindre pour mes jours.

Ma reine, ayez l’esprit tranquille;

De la mort me voilà sauvé ;

Un Étranger dans cette ville En ce moment est arrivé.

MEZZETIN, à part.

Air : Dans notre village.

Que viens-je d’entendre !

Quel coup, justes Dieux!

LE GRAND VISIR

Bientôt dans ces lieux Ce misérable va se rendre ;

On va l’amener Pour le couronner.

Comme Mezzetin paroît triste, le visir lui dit ;

, Air : Si dans le mal qui me possède .

Mais comment ! A cette nouvelle Vous paraissez vous affliger I

MEZZETIN

Seigneur, je plains cet Etranger.

LE GRAND VISIR

Non, non. Dites plutôt, cruelle,

Que vous attendiez le trépas D’un amant que vous n’aimez pas.

ARLEQUIN, ROI DE SERENDIB

MEZZETIN, soupirant.

Ah!

LE GRAND VISIR

Air : Je reviendrai demain au soir.

Dès demain, madame, je veux

Voir couronner mes feux. [bis.)

Je n’aime point tous ces soupirs;

Il me faut des plaisirs. [bis.)

Le Visir sort pour aller au-devant du nouveau Roi, et Mezzetin, frappé de

ce qu’il vient d’entendre, dit :

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