SCENE XIV
PIERROT
J’y viens pour aiguiser les traits,
Du grand dieu de Cythère.
FANGHETTE.
Ah! ah!
PIERROT
Air : Les amours triomphans .
Ce dieu, très-satisfait De mon ouvrage,
M’a fait présent d’un trait Pour mon usage.
La beauté qui me touche A pour moi d’là rigueur ;
Il faut qu’à la farouche,
J’en donne au travers du cœur.
Lerala, lerala, lerala la la,
Lerala, lerala, lerala.
FANGHETTE.
Air : Ma raison s’en va Ion train.
Peut-on demander son nom?
pierrot.
Eh! morgué! c’est vous, Fanclion.
Tenez vos yeux doux,
Ces petits filoux,
Font que sur pied je sèche.
Oui, mortnonbille, c’est pour vous Que je garde ma flèche, lonla,
Que je garde ma flèche.
FANGHETTE.
Air : La bonne aventure , 6 gué.
Tu n’as pas besoin de trait Pour moi, je t’assure.
L’Amour, Pierrot, mon poulet, Tantôt m’a donné mon fait.
LE REMOULEUR D’AMOUR.
PIERROT, sautant de joie.
La bonne aventure, ô gué,
La bonne aventure !
FANCHETTE
Am : Quand le 'péril est agréable.
As-tu pour moi même tendresse?
PIERROT
Je t’aime depuis plus d’un jour.
FANCHETT ?.
Oh! je veux encor que l’Amour,
D’un nouveau coup te blesse.
PIERROT
C’est bien assez d’un, quand il est bon.
FANCHETTE
Am : Encore un coup, qu’ en peut-il arriver ? Encore un coup, qu’en peut-il arriver?
Un coup de plus te fera-t-il crever?
(L'orchestre joue eu ritournelle la moitié de l’aie suivant, pour annoncer
l’arrivée de l’Amour.)
FANCHETTE
Air : Les filles de Nanterre.
Quels sons se font entendre Dans ce charmant séjour?
PIERROT
Ah ! c’est pour nous apprendre Qu’ Amour est de retour.
(L’orchestre joue la roprise de l’air précédent.)