‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 225 sur 331 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M. DESBROUTILLES.

Eli! Mademoiselle, vous n’en ferez rien.

MADEMOISELLE PIAULARD.

C’est une résolution que j’ai prise.

M. DESBROUTILLES.

Air : Amis , sans regretter Paris .

Vous en pâtiriez comme nous :

Gardez-vous de la suivre.

MADEMOISELLE PIAULARD.

Je n’attends pas, ainsi que vous,

Après cela pour vivre.

M. DESBROUTILLES.

Cela est heureux pour vous.

MADEMOISELLE PIAULARD.

Vous êtes une bande d’étourdis, qui... 4

M. DESBROUTILLES.

Doucement, mademoiselle Piaulard! ne nous disons pas de sottises. Nous ne sommes pas ici dans la salle de nos assemblées.

MADEMOISELLE PIAULARD.

Vous me contrariez sans cesse} vous surtout, monsieur Desbroutilles.

m. desbroutillès. •

Moi!

MADEMOISELLE PIAULARD.

Oui} c’est vous qui vous opposez le plus à mes sentimens, et qui gâtez l’esprit de notre jeunesse, en lui inspirant votre gdut trivial pour la danse et pour la musique.

M. DESBROUTILLES.

Vous êtes furieusement prévenue contre les pièces d’agrément.

LES COMEDIENS CORSAI 11 ES

MADEMOISELLE PIAULA RT*

Ne me parlez point de vos vilains agréinens.,Quelque jour, je veux présenter un placet pour obtenir qu’il nous soit défendu de chanter et de danser.

M. DESBROUTILLES.

Et vous demanderez apparemment, par le même placet, un sauf -conduit pour la compagnie.

MADEMOISELLE PIAUI.ARD.

Air : Branle de Metz.

Au mépris de notre gloire,

Ces petits esprits follets Ne demandent que couplets,

Que musique. Vraiment voire,

Ils feroient, ces messieurs-là,

Si l’on vouloit les en croire, *

Ils feroient, ces messieurs-là,

Danser et Phèdre et Cinna.

M. DESBROUTILLES.

Et, si Ton s’en rapportoit à vous, on dônileroit Po lyeucte tous les jours, même le mardi-gras.

MADEMOISELLE PIAULA RD, déclamant.

Brisons-là. Mais enfin daignerez-vous m’apprendre

Ce que dans ces déserts vous venez entreprendre?

Parlez.

M. DESBROUTILLES.

Je ne rends point compte de mes desseins.

La troupe ignore encor mes ordres souverains;

Et quand il sera temps qu’elle en soit informée,

Vous les saurez.

MAD3MOISELLE PIAULARD.

Il fait le général d’armée!

Adieu. Votre projet tantôt doit éclater.

Je crois que nous verrons la montagne enfan'er.

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