SCÈNE IV
MIRTIS, les deux Amours, ARLEQUIN.
ARLEQUIN, sc parlant à lui-même.
O la belle revue ! la belle revue ! Ceux qui disent que l’Amour n’a point d’armée n’ont pas feuilleté les galantes pages d’Ovide Nason. Ce précepteur d’amour, plus habile que celui de la rue Françoise (1), dit en termes exprès :
Militât omnis amans , et liabel sua castra Cupido (2).
(Apercevant les deux Amours.)
Mais que vois-je ?... Que faites- vous, donc ici, messieurs les Amours ?
(1) C’était dans la rue Françoise, aboutissant d’un côté à la ruo Pavée, et, de l’autic, à la rue Mauconseil, que se trouvait l’entrée principale de l’Hôtel de Bourgogne, oii les comédiens-italiens donnaient leurs représentations. — On jouait alors sur ce théâtre V Amour précepteur, comédie en trois actes, ornée d’un divertissement, de chants et de danses. Cette pièce, représentée pour la première fois le 2o juillet 1726, était de Thomas-bimon Gueulette, avocat au parlement. Quoique bien accueillie du public, elle ne put cependant être jouée que huit fois, et l’on tenta vainement de la remettre au théâtre en 1749.
(2) Tout amant est soldat et l’amour a son camp.
(Ovide. Les Amours. Liv. I. Élég. tx.)