‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 288 sur 331 · ACTE f, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE f, SCÈNE XII

ACHMET, sortant tout à coup do sa rôvcrio.

Seigneur, consolez-vous. Vous avez une ressource dans mon courage.

Air : Comme un coucou que V amour presse.

Je sens que Mahomet m’inspire

Un dessein pour sauver ma sœur.

AMULAKI.

Mon cher Achmet, qu’osez-vous dire !

Peut-on détourner son malheur?

Oui, mon père. J’ose vous flatter d’une si douce espérance... Il faut que nous changions d’habits, ma sœur et moi. Elle passera pour Achmet : et vous me mènerez au sérail sous le nom d’Attalide.

AMULAKI.

O ciel !

PIERROT

Que dites-vous ?

AMULAKI.

Vous voulez vous introduire dans le sérail ? Ignorezvous donc que c’est le plus grand de tous les crimes ? crime qu’on n’a jamais pardonné. Vous vous exposez à une mort certaine. I.e sultan, devant qui vous avez quelquefois paru, vous reconnoîtra.

PIERROT

J’en ai peur.

ACHMET

Non. Vous venez de dire qu’il ne veut point voir ma sœur. Je puis, sans. péril, sous mon déguisement, aller soutenir pour elle la vie pénible qu’on lui prépare.

pierrot,

Eela est bien chatouilleux.

ACHMET ET ALMÀNZIÎSE.

Air : Le démon malicieux et fin.

Ce projet, plein de témérité,

Sans effroi peut-il être écouté ?

Vous voulez, pour conserver ma fille,

Que je consente à vous perdre, mon fils.

Non, non, non, j’aime trop ma famille,

Pour que je garde Attalide à ce prix.

PIERROT

Nous gagnerions bien au change, vraiment.

ACHMET

Nous ne serons point séparés pour toujours. Je pourrai m’écliapper à la faveur de quelqu’une de ces révolutions qui arrivent de tems en teins au sérail.

Am : Bannissons d’ici l’humeur noire .

Bientôt le sort en fera naître,

Ou le sultan s’apaisera.

Que sais-je ? Au premier jour peut-être A vos désirs il me rendra.

AMULAKI.

O courageux Aclimet ! Dois-je abuser de cet excès de tendresse pour moi ?

ACHMET

Ne vous opposez plus à ma résolution. Je vous en conjure à genoux.

Air : Les trembleurs.

De urâce, laissez-moi faire !

KJ /

Ah ! si ma sœur vous est chère,

Vous ne devez plus, mon père,

A mon dessein résister.

Prévenons, en diligence,

La cruelle violence Où, dans son impatience,

Le sultan peut se porter.

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