‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 318 sur 331 · SOLIMAN, ALI, PIERROT · texte numérisé non relu

SOLIMAN, ALI, PIERROT

PIERROT, dans le lointain.

Air : Le long de ce rivage.

. Quel sujet de tristesse !

O jour malencontreux !

Pour Soliman, quel coup affreux !

Que dira Sa Hautesse,

Apprenant le sort malheureux De sa pauvre maîtresse ?

SOLIMAN

Qu’y a-t-il donc, nourrice ?

PIERROT. (Il court comme un fou de tous les côtés, sans faire semblant de voir ni d’entendre le sultan.)

Hélas ! comment puis-je être encore en vie, après ce que je viens de voir de mes deux yeux !

SOLIMAN

Quel sujet as-tu de t’affliger ainsi ?

PIERROT

Ah ! ah! ah! je n’en puis plus !

ACHMET ET ALMANZINE.

ALI, arrêtant Pierrot.

Mais, ma bonne, vous ne prenez pas garde que le sultan vous parle.

Je vous demande excuse, mon bon seigneur. Tenez, c’est que je suis comme une troublée... Je ne vois pas

ce que j’aperçois.

SOLIMAN

Explique-toi.

PIERROT

Almanzine... Ahi !...

. Attalide.

SOLIMAN

Eh bien, Almanzine ?

PIERROT

Elles se sont toutes deux... Je ne sais comment vous dire cela.

SOLIMAN

Air : Paris est en grand deuil.

Finis donc, si tu veux.

PIERROT

Ces dames, toutes deux,

De douleur transportées,

Souvenir trop amer!

Du balcon dans la mer Se sont précipitées.

O dieux ! quelle nouvelle !

ALI

Cela se peut-il croire !

SOLIMAN

Mais sachons pourquoi elles se sont portées à ceUe cruelle extrémité.

Page 1