ACTE III, SCÈNE VIII
MEZZETIN, ému decetlo réponse.
Air : Je ne suis né ni Roi, ni Prince.
Quel transport de mon cœur s’empare 1 Pour vous il se trouble, il s’égare.
Puis-je méconnoître ces traits ?
C’est Arlequin que j’envisage 1 J’en crois mes mouvements secrets,
Et mes yeux encor davantage.
ARLEQUIN
Air : Monsieur Lapalisse est mort.
C’est lui.... Plaignez ses malheurs!
C’est lui que le sort ballotte.
Reconnoissez-le à ses pleurs,
Encor plus à sa culotte.
(Il montre sa culotte d’Arlequin.)
Air : Ma mère, mariez-moi.
Le ciel change ton destin .
Vois Pierrot et Mezzetin.
Mozzetin et Pierrot montrent également leurs culottes. ARLEQUIN.
Quoi, mes bons amis, c’est vous !
MEZZETIN
Oui, cher Arlequin.
ARLEQUIN
Que ce jour m’est doux!
Ah ! mes bons amis, c’est vous !
PIERROT
Quel bonheur!
ARLEQUIN, ROI DE SERENDIB
ARLEQUIN
Embrassons-nous.
Après qu’ils se sont embrassés tous trois à plusieurs reprises, Mezzetin dit
MEZZETIN
Air : Joconde.
J’ai fait préparer un vaisseau Pour nous sauver en France.
Le jour a perdu son flambeau ;
Partons en diligence.
Que nous allons boire à Paris De flacons de champagne!
(Montrant des pierreries.)
Avec ces brillans, que d’iris
Nous mettrons en campagne!
ARLEQUIN
Air : Lon lon la, derirette.
Oui ; mais avec tous nos bijoux,
Emportons l’Idole avec nous,
Lon lan-la, derirette;
Car l’Opéra finit ainsi,
Lon lan-la, deriri.
Arlequin, Pierrot et Mezzetin pillent le temple. Ils veulent enlever Késaya, qui s'abîme, et ne laisse entre leurs mains qu’un cochon de lait. Ensuite la pagode tombe par morceaux, comme si ce sacrilège eût attiré l'indignation de l’Idole. Ils s’enfuient tous trois, et par là finit la pièce.