‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 60 sur 331 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ARLEQUIN en robe de chambre, UN VALET DE CHAMBRE, DEUX LAQUAIS.

ARLEQUIN

Page! un fauteuil.

Un laquais lui donne un fauteuil, et se jetant dedans, il dit :

Tourangeau! ma râpe (1).

On lui donne une grande râpe. Il met ses jambes sur les bras du fauteuil, et après avoir râpé du tabac :

Picard ! ma pipe.

On lui apporte une pipe allumée, et il fume.

(1) A cette époque, les priseurs râpaient eux-mêmes leur tabac, au moyen d’une râpe plate. L’abbé Lattaignant, qui vivait au commencement du dix-huitième siècle, nous a conservé le souvenir de cet usage dans la frimeuse chanson :

J’ai du bon tabac, dans ma tabatière;

J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas.

J’en ai du fin et du râpé....

On connaît encore une autre chanson de 1705, qui s’exprime ainsi :

Que la râpe au tabac s’accorde,

Sans avoir ni tuyau ni' corde ;

Mieux que l’orgue et le violon,

Cet instrument surpasso la musique.

Il ne cherche jamais son ton,

Et quand il cherche, c’est du btm,

Du bon tabac de Martinique.

Aujourd’hui le râpage du tabac ne s’effectue plus péniblement â bras d’homme, mais au moyen de moulins â vapeur et de tamis mus par des machines.

LA CEINTURE DE VÉNUS

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