SCÈNE VIII
ARLEQUIN, SCARAMOUCHE, tenant deux épées,
SCARAMOUCHE, après avoir salué gravement Arlequin,
Air : Comme un coucou que V amour presse, Ami, vous aimez Colombine?
ARLEQUIN-
Oui, morbleu, je l’aime, et je croi Qu’on peut répondre sur ma mine ,
Qu’elle en tient aussi bien que moi.
SCARAMOUCHE
Air : Quand je tiens de ce jus d’octobre .
Renonce au cœur de cette belle,
Ou battons-nous en ce moment.
ARLEQUIN
Céder les droits que j’ai sur elle !
Me prends-tu pour un lâche amant?
SCARAMOUCHE, lu» présentant les deux épées.
Choisissez.
ARLEQUIN, après avoir examiné comiquement les épées.
Ma foi, je suis bien embarrassé.
LE TEMPLE DU DESTIN
SCARAMOUCHE, l’obligeant à en prendre une.
Air : Pour 'passer doucement la vie.
Allons, nous n’avon> qu’à nous battre.
ARLEQUIN, faisant le résolu.
Tope.... nou pouvons commencer.
Je vais faire le diable à quatre;
Mais gardons-nous de nous blesser.
SCARAMOUCHE, se mettant en garde et poussant Arlequin.
Tiens, paie celle-ci.
ARLEQUIN, reculant avec effroi.
Hé , que diable ! attendez donc, attendez donc.
Am : Menuet de monsieur de G-randval.
Vous n’entendez point raillerie.
Ventrebleu 1 vous n’y pensez pas.
SCARAMOUCHE
Je prétends bien t’ôter la vie....
C’est tout de bon que je me bats.
(Il veut pousser encore Arlequin, qui marque sa peur, en cherchant des défaites; mais en voyant Mezzelin, il commence à faire le brave.)