LA FEMME
Oh ! non, vraiment.
Il m’en donne, donne, donne,
Il m’en donne rarement.
LE FRIPIER
Air : Pour faire honneur à la noce.
Nous ne songeons qu’à nous plaire; Mais nous ne sommes pas contens.
Il me faudroit, dans mes vieux ans,
Un enfant pour me satisfaire.
Nous ne songeons qu’à nous plaire, Mais nous ne sommes pas contens.
LE GRAND-PRÊTRE, au fripier.
Air ; Du cap de Bonne-Espérance.
Vous paraissez jeune encore.
LE FRIPIER
A peine ai-je soixante ans;
Je vous jure que j’ignore,
Pourquoi je n’ai point d’enfans.
Toujours même amour m’enflamme, Je couve des yeux ma femme ;
En tous lieux, je suis ses pas.
LA FEMME, levant les yeux au ciel et soupirant.
Hélas ! nous n’en aurons pas.
LE FRIPIER
Air ; Le beau berger Tirais.
J’y perds tout mon latin !
Par votre ministère,
Puis-je savoir du Destin Si ma femme sera mère?
LE TEMPLE DU DESTIN
LE GRAND-PRÊTRE
Tu vas sur ce mystère Cesser d’être incertain.
(Il s’approche du trône, et dit au Destin.
Air : Menuet d’Hésione.
Impatient de faire souche,
Un bon bourgeois de soixante ans,
Vient te demander, par ma bouche,
Destin, s’il aura des enfans.
LE DESTIN
Air : J'offre ici mon savoir-faire.
Vieux fripier, malgré ton âge,
Je veux qu’il naisse en ta maison,
Un enfant qui porte ton nom.
Je n’en dirai pas davantage.
(Le fripier ne paroit pas content de cet oracle.) LE GRAND-PRETRE, rétorqué au fripier ce qu’il a dit d’abord.
Il ira chez vous des galans :
Vous ne vivrez plus comme au tems De Jean de Vert (ter) en France.