‹ Théâtre de la jeunesseChapitre 25 sur 92 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

JEANNETON, GERTRUDE, Madame ROBIN.

GERTRUDE

Tenez, la v'ià, notre maîtresse... Salue madame Ro fiolte.

(Elle fait passer Jeanneton deyant elle*.)

JEANNETON, saluant.

Votre servante,- madame.

MADAME ROBIN

C'est vous, mon enfant, qui cherchez à vous placei ?

JEANNETON, timidemeat

Oui, madame.

Gerlrade, Jeannston, madame Robin.

GERTRUDE

N'aie pas peur, va, madame te mangera pas. (a mad«.» Robin.) Ces jeunesses, c'est timide, ça n'a pas vu le feu. (a jeanneton.) Dis ton fait à la bourgeoise.

(Gertrude Ta porter sur le bureau du fond un carton qu'elle tient; elle s'occupe à ranger sur le dernier plan, puis sort un instant.)

JEANNETON, en s'enhardiss»pS, à imdai. : îobin.

Eh bien I madame connaît la chose... je -voudrais ben qu'elle me trouve, si c'était un effet de sa pari, que'q' basse-cour ou n'importe quelle autre bonne maison ousqu'on gaguerait son pain... avec un peu de beurra dessus I

MADAME ROBIN, souriant.

C'est-à-dire que vous voulez une p'ace lucrative?

JEANNETON

Oh! c'est pr-.s pour moi, madame; mais c'est rapport à mon petit frère, qui est encore trop pour

gagner de quoi, et qu'il faut bien que je lui donne de ma part.

MADAME ROBIN

Ah 1 Gertrude ne m'avait point parlé de cela.

JEANNETON, baissant > rcix.

C'est que je lui en ai rien dit, ma ir la pre-

mière fois que je voyais ma marra;,1 voulu la

tourmenter. Si je lui avais pi ben q il cru qu'il avait besoin de sa bo

je ve ici pour ça. Tart que je pourrai

oui, Pierrot n'aura r:.en à demander aux autres uie lour

amitié. Puisque ma mère est morte et que je suis sa sœur aînée, c'est comme mon enfant; je lui donnerais mon sang, voyez-vous, madame ! et v'ià pourquoi je voudrais de furts gaces, en travaillant tant que je pourrai, à cette seule fin de donner du contentement à Pierrot.

MADAME ROBIN, avec intérêt.

Vous êtes une brave fille, Jeanneton!

JEANNETON, baissant les jeui.

Madame est ben honnête.

MADAME ROBIN

Et il ne tous reste plus aucun parent?

JEANNETON

es excuse, madame, il me reste le petit Pierrot.

MADAME ROBIN

Ii est, à Ferri;'

JEANNETON

Chez la mère Breton, qui le soigne comme un prince. Ah! faut voir aussi, madame, quel chérubin! surtout maintenant que j'ai donné ma bonne jupe pour lui faire un habit neuf I il est fier comme un jeune coq, et aveça si câlin! il vous embrasse, il vous appelle ma petite Jeanneton, ma jolie Jeanneton! en fait toujours plaisir, vous comprenez? El puis, si vous saviez comme iftpbéit: jamais on ne l'a averti deux fois! un vrai ange du paradis, quoi, madame, hormis qu'il oublie toujours de se moucher.

MADAME ROBIN

Et il ne reste plus que vous deux?

JEANNETON

Hélas 1 oui.

MADAME ROBIN

Votre famille était pourtant de Ferrières ?

JEANNETON

Faites excuse, madame; mes parents étaient venus de bien loin, à ce que j'ai entendu dire, d'un petit village qui s'appelait le Verdier,

MADAME ROBIN

Dans la Brie ?

JEANNETON

Justement.

MADAME ROBIN

Et ils s'appelaient?...

JEANNETON

Ptelet.

MADAME ROBIN, ayant l'air de chercher à se rappeler.

Piclet!... Ce nom ne m'est pas inconnu... mais vous ùevez avorr des papiers ?

GERTRUDE, qui Tient de rentrer.

Certainement, ils sont là sur le bureau de madame.

montre le bureau an fond.)

Voyons.

(Elle va an bureau et se met à examiner les papiers qui y ont été déposés par Jeanneton.)

GERTRUDE, Tenant à Jeanneton, à demi-foii.

Quand je t'avais avertie qu'il fallait pas avoir peur I Comme disait mon défunt : L'effroi n'est pas française!... et toi, t'es Française !

(Elle retourne ranger an fond *.)

JEANNETON, seule sur le devant.

C'est ben vrai que cette brave dame a l'air dêtre la reine des femmes.

MADAîiE F.OBIN, qui a parcouru les papier:.

Ah! mon Dieu! est-ce possible?

GERTRUDE, !<e retournant.

Quoi donc?

JEANNETON, s'approchant.

Madame a vu que'qu' mauvaise chose?

MADAME ROEIN.

Au contrats f Ah! ma chère enfant! s'il était vraî.. le petit Pierrot et toi, vous ne manqueriez plus de rien.

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