SCÈNE VII
LES MÊMES, LÀ VIEILLE COUSINE, Madame LAN- GLOIS, qui la conduit, entrant par le fond; EUGÉNIE et CAROLINE sont remontées à gauche.
la yieille cousine est bossue, en costume de voyage très-grotesque; elle porte, de la main gauche, une cage qui renferme un perroquet, et, •ous le bras droit, un petit chien i.
MADAME LANGLOIS
Veuillez entrer, mademoiselle, et soyez la bieD venue.
LA VIEILLE COUSINE
Mej»i, ma chère madame Lauglois... J'arrive ici comme un coup de tonnerre, sans invitation; mais il faudra bien que vous me pardonniez... Où sont donc vos tilles?
MADAME LANGLOIS
Approchez, Eugénie et Caroline.
(Eugénie et Caroline saluent.)
LA VIEILLE COUSINE
Comment, elles me saluent! (Aiiantà eiies.) Mais venez donc m'embrasser 2 !
1. La vieille cousine, madame Langlois, Eugénie, Caroline, Ursule. S. Madame Langlois, la -vieille cousine, Eugénie, Caroliae, UruZa»
EUGÉNIE, l'embrassant.
CAROLINE, l'embrassant.
Pardon !
Madame!...
LA VIEILLE COUSINE, passant à droite pour poser la cage snr te puéridon et remarquant Ursule '.
Ah!... c'est la bonne?... bonjour,, ma chère! elle a un air qui me plait.
URSULE, saluant.
Madame ! (a part.) Du moins elle a du goût.
MADAME LANGLOIS
Baptiste a porté les bagages dans votre appartement • permettez-moi de vous débarrasser...
LA VIEILLE COUSINE
De mon chien et de mon perroquet? merci! (Madame
Laji<rlms passe près de la vieille cousine et lui prend son chien -.) Ail! CClâ
doit vous paraître bien ridicule de ne marcher ainsi qu'avec une collection d'animaux; mais, que voulezvous? quand on est seule, on se fait une société comme on peut, on se rejette sur les bêtes... à défaut d'enfants.
(Vojint que Caroline et Eugénie je détournent pour rire.) Çâ fait Tire les
petites cousines.
MADAME LANGLOIS
Ne croyez pas...
1. Madame Langloig, Eugénie, Caroline, la Ticille cousine, Dnale. Z. Eugénie, Caroline, madame Langlois, la TieiUe couaioe, l'riule.
LA VIEILLE COUSINE. 1*1
LA VIEILLE COUSINE
Oh! ne cherchez point à les excuser; je comprends qu'on s'étonne de mon amitié pour Azor... avec cela il me ressemble.,. Il n'est pas beau! mais, en revanche, il a des qualités sérieuses. D'abord, il est reconnaissant de ce qu'on fait pour lui, puis il ne remarque point mes infirmités, il ne s'en moque jamais... Il y a bien des gens qui n'ont point la même indulgence...
(Eugénie et Caroline paraissent embarrassées.) MADAME LANGLOIS.
Voulez-vous qu'Ursule emporte aussi la cage?
LA VIEILLE COUSINE
Non, je garde Jacquot, il est trop ennuyeux pour que j 'en fatigue les autres.
URSULE
Oh! cela plaît à dire à madame... ces oiseaux-là sont si intéressants!... ma mère en avait un superbe qui parlait comme dix personnes... J'ai été élevée avec lui.
LA VIEILLE COUSINE
Et on voit que vous avez profité de votre éducation.
URSULE, saluant.
Oh ! madame est trop bonne. Elle verra comme, son perroquet et moi, nous nous entendrons... (au perroquet.) N'est-il pas vrai, Jacquot?... Bonjour, Jacquot!... Me connais -tu, Jacquot?
LE PERROQUET, très-îotU
Bavarde !
URSULE
Hein?...
(Tout le monde rit.)
LA VIEILLE COUSINE
Dame! ma chère, vous lui demandez s'il vous connaît t
MADAME LANGLOIS
La chambre de notre cousine est prête, et, si elle désire quitter ses habitts de voyage,..
LA VIEILLE COUSINE
Volontiers, (a Caroline et à Eugénie.) Au revoir, chéries.
CAROLINE et EUGÉNIE.
Madame I...
LA VIEILLE COUSINE
Qu'est-ce que c'est ?... madame !... Vous voulez donc me traiter en étrangère? Appelez-moi par mon petit nom, la vieille cousine Lili...
URSULE, montrant la porte à droite.
C'est pai' ICi... {Au moment où la Tieille cousine passe o>»»nt Ursule •i«e le perroquet, celui-ci crie : BAVARDE * ! )