‹ Théâtre de la jeunesseChapitre 70 sur 92 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES, GUDULE, venant de la galerie et entrant par le fond. Elle est en costume de travail, manches retroussées, un balai sous le bras, et elle porte une terrine pleine'de lait.

GUDULE

Voilà! voilà! — Gare devant! c'est la première tirée de la noire! En voilà une bète qui mérite de la considération!

(Elle porte sa terrine sur la table à droite ».) LINA.

Tiens, tiens I elle n'est pas seulement habillée!

CLAIRE

Elle pense sans doute qu'elle est assez parée de ses attraits naturels.

LINA

Elle vient montrer qu'elle est la plus belle.

CLAIRE

Et la plus avisée.

TOUTES LES PAYSANNES, I» montrant au doit» en rua»,

Oh! oh! oh! la grande Gudule!

U Gertru.de, Lina, Claire, Gudule.

GUDULE

Eh bien ! de quoi ? — Uu'est-ce qu'elles ont donc à piauler autour de moi comme une couvée de poussins ? — Voyons, pourquoi que vous vous moquez ?... (Aiiam * cuire.) C'est-i parce que j'ai pas la langue si bien affilée que toi, la Claire? (allant à una) parce que j'ai pas ton museau rose, la Lina? (am paysannes) parce que je suis pas pimpantes comme vous autres, tas de fainéantes?... — Mais faut-i pas que j'économise pour ma bonne vieille mère?... Pourvu qu'elle manque de rien, je me trouve assez d'esprit et assez belle. — Aussi vous pouvez rire, je m'en soucie comme des lunes de l'an passé. — Je vas travailler.

GERTRUDE, l'arrêtant.

Non. reste, grande Gudule, faut que tout le monde y soit. (Regardant autour d'elle.) Il y a pas d'autre concurrente.

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