‹ Théâtre de la jeunesseChapitre 88 sur 92 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LOUIS, LE COUSIN PIERRE

LE COUSIN PIERRE, arrêtant Louis qui Ta rejoindre madame Leclero.

Eh bien! eh bien! tu me quittes?

LOUIS

Ma tante m'a dit de la suivre.

LE COUSIN PIERRE, le Tarant asseoir â table.

Laisse donc ta tante, mille diables! et causons un

peU... (Toulant lui Terser de l'eau-de-vie.) VoyOnS, UU COUP d6

schnik!

LOUIS, regardant à droite.

C'est que si on me voyait...

LE COUSIN PIERRE, lui «rsant.

Bois toujours, grand nigaud... ça fait pousser la barbe... (loû bon.) D'ailleurs tu es d'âge à te conduire!

LOUIS, il s'asseoit tis-à-Yis du cousin Piersa.

Certainement.

LE COUSIN PIERRE

Est-ce que chacun ne vit pas pour soi?

Ht THÉÂTRE DE LÀ JEUNESSE.

LOUIS

C'est clair!

LE COUSIN PIERRE

Dieu nous a donné des goûts, eh bien, il faut les suivre I

LOUIS

Ah! mon cousin, vous êtes un vrai philosophe.

LE COUSIN PIERRE

Philosophe pratique, mon fils; je ne m'occupe jamais de ce qui plaît ou déplaît au genre humain, je veux ce qui m'amuse et je fais ce que je veux. — Que dis-tu de mon système?

LOUIS

Admirable 1

LE COUSIN PIERRE, lui frappant inr la tête.

Je suis bien aise de voir que nous nous entendons, petit; d'autant que je compte m'établir ici.

LOUIS

Vrai?

LE COUSIN PIERBE.

Oui, le logis de la cousine me convient; il suffira de quelques arrangements. — D'abord il y a là, près de ma chambre, une grande pièce.

LOUIS

Mon atelier de menuiserie?

LE COUSIN PIERRE. 043

LE COUSIN PIERRE

Où il y a des établis.

LOUIS

Et un tour.

LE COUSIN PIERRE

Dès ce soir je fais jeter le tout à la porte.

LOUIS, étonné.

Comment! et pourquoi ça?

LE COUSIN PIERRE

Pour faire de la pièce un fumoir.

LOUIS

Mais alors, moi, mon cousin?

LE COUSIN PIERRE

Toi, mon petit, tu t'arrangeras comme tu voudras. — Il y a aussi le petit bosquet au bout du jardin, qui serait charmant pour un jeu de boules si on n'avait pas suspendu aux arbres des échelles et des cordages.

LOUIS

C'est mon gymnase !

LE COUSIN PIERRE

Faudra brûler tout ça, mon chéri l

LOUIS

Par exemple ! mais alors, mon cousin, il ne me restera rien.

LE COUSIN PIERRE, préparant an cigare.

J'en suis fâché, fanfan; pourquoi ça se trouve-t-il dans mon chemin ? (En appuyant sur les mots.) ï Quand od ne veut pas voir ses carreaux cassés, faut pas avoir de vitres I » — Mais dis donc, petit, donne-moi une allumette...

LOUIS, avec humeur.

La servante est là... comme vous disiez te ut à l'heure.

LE COUSIN PIERRE, frappant sur son verre.

C'est juste! tu as de la mémoire; ça te servira pour apprendre les langues. (Frappant Pius fort.) Eh bienl elle n'entend donc pas?... (Frappant encore plus fort.) Manon... Manon... Elle est dunC SOUrde ! (Frappant en meme tempi »ur deut

verres.) Manon! satanée créature! Manon!

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