‹ Théâtre de la peurChapitre 22 sur 50 · LE COMMISSAIRE · texte numérisé non relu

LE COMMISSAIRE

Cinq cents boîtes I Dites donc, Monsieur Barré, c'est pas assez. D'ordinaire, on prend davantage... Faut penser que nous sommes quarante-deux à bord du Gladiateur. M. Hertel a-t-il calculé cela ? L'an dernier je voyageais pour le compte de M. Le Gonidec, à bord du Margueritte . .. On allait à Rio, à peu près le même trajet que cette fois-ci. On avait neul cents boîtes de conserve.

BARRÉ

Renot, ce n'est pas vous qui êtes le patron, ni moi, n'est-ce pas ?

LE COMMISSAIRE (Maussade)

J'sais bien, mais comme commissaire du bord, j'ai la responsabilité de... Enfin c'est moi qui dois veiller aux vivres de l'équipage... Votre patron veut faire des économies... Si c'est pas malheureux de lésiner sur la nourriture des matelots !... (iuand on habite un si

Baraterie 109

bel hôtel... et qu'il se dépense tant d'argent inutilement...

BARRÉ

Je n'y puis rien... Ce sont les ordres et nous avons un chef qui n'est pas d'humeur à permettre qu'on lui fasse des observations. Ici tout le monde obéit... ou bien...

(Le téléphone résonne) Ah!

(En se dirigeant vers le téléphone, au commissaire et au deuxième matelot)

La liste est prête ? Je n'ai plus besoin de vous.

(Au téléphone)

Allô, allô, mais non... vous téléphonez a la maison Le Hertel... de Nantes.

(Criant plus fort)

Le Hertel, armateur... Vous êtes sourd.

(Il raccroche le récepteur)

C'est assommant !. . . à Paris ils font toujours confusion.

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