‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 36 sur 150 · I K MOULIN · texte numérisé non relu

I K MOULIN

l'infant , à part. Elle est Yraimenl divine» et je commence à ressentir de i avoor pour elle.

LE ROI

Veuillez ordonner, duchesse, que l'on amène les fiancés. Je suis Impatient de terminer ce mariage; car je le considère comme de bon augure pour un autre que je compte faire bientôt.

LA DUCHESSB.

Vous allez être obéi, sire. — Venez, Leridano et Martin, chercher les fiancés. {Bas, à Leridano.) Rappelez-vous ce que vous m'avez promis.

LERIDANO.

Je ferai pour vous, madame, tout ce que vous voudrez.

La Duclies!>c, le Comte cl Lcridino tortenl.

l'infant, à part.

J'admire avec un plaisir toujours croissant, avec une joie nouvelle et inconnue la beauté de celle dame. On a bien eu raison de la nommer Fleur-dc-lis. hlle surpasse môme en blancheur et en éclat Ja lleur dont elle porte le nom. C'est pour elle que je devrais soupirer, c'est à clic que je dois adresser mon auïour... Maudit >oJl le temps où je rendais des soins a une femme dédaigneuse! maudit foii le temps où je ne coiuiaisiais pas encore celle qui règne désormais sur mon âme !

Kntrcnl LE COMTK, LERIDAM», LA DUCHESSE rt LAURA, miitm

d'une Iroupc de Villageois qui clinnlrnl. La D-jclicssc r*l \ùiuc en lujuiiiic cl koii voile csl abaisac tar ton vUlf*. i'LU<iKUivs VILLAGEOIS, chantant.

Jamais pareille mariée N'avait paru dans la contrée ; Dieu bcnil le moulin 1

d'adtiiks viluaceuis, chantant Si rien n'est aussi parfait qu'elle, 11 fallait qu'elle fiU bien belle Pour un si grand parrain !

cnoEun Dr.8 viilaciov.

Jamais pareille mariée N'avait paru dans la contrée; Dieu bénit le moulin 1

LE ROI

Vive Dicul cela va bien; cela est d'un bon augure pour l'avenir. Il n'y avait qu'une mariée tout a l'heure, et maintenant en voilà ùeui

LERIDANO.

CV'^i «jiu-, \(>ji/:-»vui>. Mre, les amandiers de mon jardin proùui sent des amandes jumelles, et il y avait deux mariées dans la môme coquille. Comme vous honorez et protégez la noce, Melanipc* et Martin épousent ces deux demoiselles qui sont mes fillei

JOURNÉE m, SCtNE III. 73

LE ROI

Ce vilain a de l'esprit; il profite de ce que je suis le parrain pour marier tous les garçons des environs.

LERIDANO.

Si cela vous plaît, sire, nous allons célébrer joyeusement ces deux ooces.

LE ROI

Ces deux-là, et toutes celles que vous voudrez, puisque j*y suis.

LE COMTE

Vous tiendrez, slfe, votre parole royale, quoi qu'il vous en coûte ?

LE ROI

Certainement.

LERIDANO.

Voilà qui est dit. Il ne manque plus que le curé.

LE ROI

Regardez bien s*il ne passe pas quelque couple par le cbemÎD , pour que je le marie. Mais appelez d'abord la duchesse ; nous ne pouvons rien faire sans elle-

LERIDANO.

Je cours la chercher.

LA DUCHESSE, SOUleVaut SOU votlô*

Elle est ici.

m moi.

Quevois-je?

LA DUCHESSE

rinToque, sire, la parole que vous avez donnée à mon mari.

LB aoi.

A qui? au comte?

LA DUCHESSE

Le voici.

LE COUTE

Oui, sire, je suis le comte Prospero. Je vous demande la vie ou la mort, et je demande également pardon k l'infant monseigneur.

LB ROI

Quel est cet homme-là?

l'lnfant.

Sire, je suis votre fils, et j'implore de votre bonté le pardon de mes fautes. La mort du comte et mon exil, tout cela n'était qu'un jeu. Il finira bien si vous nous accordez votre indulgence. {A Mordame.) Et vous, madame et mon épouse chérie, veuillez me don* ner votre main.

MADAME

tîiie est à vous pour la vie.

LE ROI

Toutes ces scènes m'ont troublé à tel point que je ne sais que dire. — Ah! Cclia , vous m'avez trompé!

74 i^^ MOULIN.

LA DUCHESSE

Ma conduilc, sire, a ëlé celle d'une femme qui aime.

LE noi.

Puisque vous voilà tous mariés, jouisseï de votre jeunesse; pour ma pnri, je m'aperçois, quoique un peu tard, que les soucis d'amour ne conviennent pas à mon Age.

lauka.

AI) seigneur comte!

LE COMTE

Kh bien ?

LAURA

Vous êtes le galant meunier qui courtisait une femme Undif |u'il en aimait une autre?

LE COMTE

Oui, pardieu !

LAURA

Bien vrai ?

Je l'ai juré.

LAURA, à part, Baste ! il se moque de moi.

LE ROI

A compter d'aujourd'hui, les meuniers peuvent se tenir pom

chevaliers.

MELAMPO.

Que je trouve à manger tout mon soûl quand je descendrai de cheval; ce sera là, selon moi, la parfaite chevalerie.

LB ROI

Je te donne une rente.

MELAMPO.

Bien vrai ?

LE ROI

Je l'ai juré.

LE COMTE

Maintenant» Celia, il m'est permis de tous aimer.

LA DUCUESSI*

Je luis k vous pour jamais.

LE COMTE

Bien vraiT

LA DUCUESSB.

Je l'ti juré.

Allons faire la noce.

LE COMTE , aux spcctateun.

Et puisque le malheur a cessé de me pounuirre, fllostre assenh» blée, ici finit lacoméJicdu Moulin.

Li: CHIEN DU JxVUDliNlEll

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