‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 13 sur 327 · AMÉLIE, LORÉDAN · texte numérisé non relu

AMÉLIE, LORÉDAN

LORKDAN.

Oubliez mon offense , et partagez ma joie- Quel nuage soudain sur vos traits se déploie!

AMÉLIE

Dans les austérités d'un asile pieux ,

Morte à de faux plaisirs, cachée à tous les yeux,

3a LES VÊPRES SICILIENNES.

Que ne puis- je , le front courbé dans la poussière , Finir mes tristes jours consumés en prière!

LORÉDAN

Dieu ! quel vœu formez- vous ? et qui peut mériter Des pleurs que de mon sang je voudrais racheter?

AMÉLIE

Hélas ! vous savez trop si j'ai droit d'en répandre.

LORÉDAtf.

J'explique leur langage et crains de vous comprendre. Oui , malgré nos liens , vos devoirs , vos sermens , Je doute encor... Plaignez l'horreur de mes tourmens. Oui, quand de nos guerriers l'essaim vous environne, À de noires terreurs mon esprit s'abandonne; Sans cesse je vous suis , d'un regard curieux , Au sein de nos tournois , dans ces murs , en tous lieux. Aux degrés de l'autel arrosés par vos larmes , Je porte près de vous mes brûlantes alarmes. Je m'indigne en voyant ce tribunal de Dieu , Où le pardon du crime est le prix d'un aveu, Qu'un mortel , quel que soit son sacré caractère , Reste de vos chagrins le seul dépositaire ; Et qu'à votre frayeur il ait droit d'arracher Un secret qu'à l'amour votre cœur peut cacher. Montfort même est l'objet de ce triste délire : C'est à vous qu'il consacre et son glaive et sa lyre ;

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