‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 163 sur 327 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

Que trois ou quatre fois j'ai manqué de mémoire. Ils sifflent sans égard dès qu'ils sont mécontens : A quoi servira donc qu'on ait des sentimens ?

GRANVILLE

Le public , dont l'arrêt punit ou récompense , S'informe comme on joue et non pas comme on pense.

BLINVAL

Monsieur, depuis vingt ans je soutiens qu'il a tort;

(A Belrosc.)

C'est là mon grand débat avec votre Victor y Dont vous donnez ce soir une pièce nouvelle. Monsieur est son ami , puisqu'il prend sa querelle.

GRANVILLE

Je ne l'ai jamais vu.

BLINVAL

C'est trop heureux, ma foi.

Ne le voyez jamais.

GRANVILLE

Puis- je savoir pourquoi?

BLINVAL

Au goût du métromane il joint l'humeur d'Alceste;, . Tout se peint à ses yeux d'une couleur funeste, Et cet orgueil chagrin, qui n'a jamais plié, Des égards qu'il nous doit se croit humilié. Jamais d'un mot flatteur sa voix ne nous caresse;

Sa franchise parfois frise l'impolitesse. Je lui demande un jour , après Agamemnon : Ai- je été bien sublime ? Il m'a répondu : Non* C'était fort déplacé. Par ce ciel que j'atteste!...

BELROSE.

Revenez sur la terre.

BLHTVAL.

Eh bien ! je le déteste Franchement, bonnement, et je serai vengé; Car Bernard doit ce soir lui donner'son congé.

GRANVILLE

Vous dites?...

BELROSE.

Du conseil doyen et secrétaire , Pour vos yeux exercés il n'est point de mystère. Donnez- nous sur Lucile une explication.

Elle aime ce Victor ?

BLWVAL.

Comment? de passion.

GRANVILLE

De. passion !

BLINVAL

C'est sûr.

BELROSE, à Granville.

Le coeur de nos déesses

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