‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 169 sur 327 · ACTE 1, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VI

Toi, prépare, Laurent, les vers et la couronne Que le public charmé doit jeter de ta main A l'acteur de Paris qui paraîtra demain.

(A sa suite.)

Sortez.

BELROSE.

Souffrez , mon cher, qu'ici je vous présente Un de mes bons amis que la gloire tourmente ; Un homme de talent qui fait des vers moraux. Docteur en droit romain , et maître es Jeux Floraux , Il a dans un écrit commenté les trois codes, Et lance des extraits dans le Journal des Modes. Génie universel ! il m'a dit , ce matin , Qu'il veut nous réunir dans un pompeux festin. Il n'ose l'avouer , mais d'avance il s'honore De posséder chez lui le brillant Floridore.

GRÀÎTVILLE.

Que dit-il ?

FLORIDORE , à (Iran y il le.

Tout Bordeaux veut m'avoir à dîner ; Je n'ai point dans un mois un seul jour à donner... Mais demain je suis libre.

O faveur sans seconde!

(A Graiiyille.)

Hein !... comme je te sers!

GRANVILLE , à Belrose.

Que le ciel te confonde !

(A Floridore.)

Monsieur, je suis ravi.

BELROSE.

C'est conclu pour demain.

(A Floridore.)

Il invite en auteur, et sa pièce à la main.

FLORIDORE.

On ne peut pas douter qu'elle ne soit fort belle.

GRÀNVILLE.

Monsieur, le sentiment est le genre où j'excelle , Le comique du cœur.

FLORIDORE , arec un sourire d'approbation.

Voici le manuscrit ?

GRANVILLE

Oui , monsieur.

(Floridore prend le papier.)

Quelle verve , et comme c'est écrit !

GRANVILLE

Tais-toi !

BELROSE.

Vous y verrez un jeune homme, un Valère, Vingt-cinq ou vingt-six ans ; ce rôle doit vous plaire.

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