‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 179 sur 327 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Ne se permettrait pas de briser un cachet.

MADAME BLINVAL

Je vous approuve fort ; il faut être discret. Lisons.

BELROSB.

« Je me soumets, belle veuve; je m'imposerai huit « jours d'une retraite austère. Huit jours passés sans « vous voir seront pour moi un siècle de souffrance; « mais après ce délai , nul obstacle ne doit retarder a notre mariage et mon bonheur. Permettez qu'un a cachemire rouge et un brillant que j'ai rapportés « des Grandes-Indes accompagnent ma lettre. Aux a termes où nous en sommes, vous ne pouvez refuser ce ces bagatelles, qui sont les premiers présens de « noces de votre tendre amant et futur époux. »

ce Lord Pembrock. »

Découvrez-vous celle de nos sultanes Où peuvent s'adresser ces douceurs anglicanes ?

MADAME BLINVAL

C'est Estelle.

BELROSE.

Vraiment?

MADAME BLINVAL

Du moins , j'en ai l'espoir.

6a LES COMÉDIENS

BELROSE.

Mais...

MADAME BLINVÀL.

Il faut les brouiller à ne plus se revoir.

BELROSE.

Voilà bien le souhait d'une honnête personne!

MADAME BLUTVAL.

Détrompons son mylord.

BELROSE.

Oh ! que vous êtes bonne!

MADAME BLINVAL

Son talent assez mince est pour moi sans danger ; Mais sa vogue m'irrite, et je veux m'en venger.

BELROSE.

Bravo ! Que la vengeance est douce aux belles âmes ! C'est le plaisir des dieux et le bonheur des femmes.

(Ici Rtinyal entre sans prendre garde a sa femme , et s'assied pour

trayailler auprès d'une table.)

Sommes-nous bien certains qu'Estelle soit l'objet?...

MADAME BLIWVAL.

Oui, mon pressentiment est un avis secret. Je suis son ennemie , elle en aura la preuve : Elle se targue bien du bonheur d'être veuve.

BLINVAL , se levant et saluant.

Ne vous gênez donc pas , ma femme , grand merci !

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