‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 227 sur 327 · ACTE V, SCÈNE III. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. i

VICTOR

Un bruit de funeste présage

BLINVAL

Jusqu'ici rien n'annonce un orage.

VICTOR

Ah!

BLINVAL

J'entends éclater des bravos imprévus, A mille traits d'esprit que je n'avais pas vus; Mais...

VICTOR

Toujours mais. Voyons , parlez avec franchise; Dites la vérité...

BLINVAL

Que voulez- vous qu'on dise?

Chacun a son avis.

VICTOR

Et le vôtre en est un.

BLÏ1TVAL.

Vous écrivez, mon cher, pour les gens du commun...

Des moeurs qu'on voit partout... Rien n'y sent son grand monde..

Dans votre pièce enfin la bourgeoisie abonde.

Pas un comte , un marquis , pas un petit baron ,

Pour ennoblir un peu...

i38 LES COMÉDIENS-

VICTOR

Chrysale, Ariste, Orgon, Pour être des bourgeois sont-ils d'un bas comique ? Il semble , en écoutant cette absurde critique , Qu'on déroge au théâtre, et qu'on n'a pas bon air De rire d'un bon mot , s'il n'est d'un duc et pair. Intérêt, vérité, naturel sans bassesse, Voilà pour le public des titres de noblesse.

BLINVAL

Vous vous fâchez?

VICTOR

Non pas !

BLI1TVAL»

Est-ce ma faute à moi , Si votre dénoûment m'inspire de Peffroi ?

VICTOR

Mon dénoûment , ô ciel !

BLIKVAL.

Je souhaite qu'il passe.

En quoi vous déplaît-il ?

BLINYAL.

C'est délicat...

VICTOR

De grâce ,

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