‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 248 sur 327 · ACTE I, SCÈNE IL io · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL io

On n'apprend pas sur mer à monter à cheval. * Sur une rosse étique , assis tant bien que mal , Pour me rompre les os j'étais à bonne école. Madame à chaque bond riait comme une folle, i

DAJTVILLK.

En te voyant par terre, elle t'eût plaint beaucoup; J'en suis sûr.

VÀLENTIBT.

Beau profit, si j'étais mort du coup!

Mais une fois ici, j'eus bien d'autres affaires : Vieilli dans la marine à bord de vos corsaires , Sous ces galons d'argent qu'on me fit endosser , Au bon ton des laquais on voulut me dresser. L'exercice est moins dur : tiens-toi; lève la tête; Fais ceci, fais cela; maladroit! qu'il est bête! Que sais-je?... j'en maigris : c'est un métier d'enfer, Et j'aurais mieux aimé dix campagnes sur mer.

BONNARD

Ce pauvre Valentin !

VALEOTICT.

Et pour votre carrosse, On m'a fait un affront.

BOKHARD.

Comment! depuis la noce Nous n'allons plus à pied ?

i94 L'ECOLE DES VIEILLARDS.

DAW VILLE

Il rêve.

VALENT!*

Pas du tout :

Madame a pris voiture, et trouvait de son goût, Pour me faire en marin terminer ma carrière , De me loger debout sur le gaillard d'arrière.

DANVILLE

Le grand mal !

VALENTOT.

Ne pouvant vaincre ma juste horreur, Ne m'a-t-elle pas fait?...

Eh ! quoi donc ?

VALENTIN

Son coureur.

BONNARD

Son coureur !

^ VALE3VTIN.

{ A quinze ans j'étais des plus ingambes;

Mais devenir coureur quand on n'a plus de jambes! Ce Paris! on s'y perd : le Havre tout entier, En se pressant un peu , tiendrait dans un quartier : Et je cours! mais je cours!... Dès que la porte s'ouvre, vVite au Palais-Royal , du Marais vite au Louvre,

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