‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 298 sur 327 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

HORTENSE, madame SINCLAIR.

MADAME SINCLAIR

Non, je ne puis, Hortense, approuver tes manières; A peine te montrer, revenir des premières !

HORTENSE

C'est qu'avant d'être au bal j'avais senti mes torts.

MADAME SINCLAIR

Il est une heure au plus , on arrive , et tu sors !

HORTENSE

Trop tard. Il est parti , pour me chercher sans doute. v Son premier mouvement est le seul qu'il écoute. Ma faiblesse à ses yeux tient de la trahison ; Je vous ai résisté ; n'avais- je pas raison ?

a8a L'ECOLE DES VIEILLARDS.

Dieu ! que je me repens de vous avoir suivie !

MADAME SINCLAIR

Certes, je n'ai rien fait pour t'en donner l'envie.

HORTEHSE.

A vous accompagner quand le Duc m'engageait, Il fallait m'a ff erra ir dans mon sage projet.

MADAME SINCLAIR

Par exemple, il est bon qu'à présent tu me blâmes. Eh! ne l'ai-je pas fait ? Voilà les jeunes femmes !

HORTENSE

I Qui, moi, vous accuser! Je suis folle aujourd'hui. Pardon, ma bonne mère; ah ! je souffre pour lui. Que ma légèreté doit lui causer de peine! Quels chagrins pour tous deux à sa suite elle amène! Je vois, j'aime le bien ; c'est le mal que je fais : Et qu'une inconséquence a de tristes effets!

MADAME SINCLAIR, tendrement.

Hé bien! oui, je conviens qu'en mère de famille Je devais... Que veux-tu! je t'aime trop, ma fille.

HORTENSE

Il ne reviendra pasL.

MADAME SINCLAIR

Mais est-il arrivé?

HORTENSE

Voilà le dernier coup qui m'était réservé.

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