‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 3 sur 327 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

(La rampe esta demi levée. )

PROCIDÀ, SÀLVIATI.

SALVIATI

Que vois-je ? Procida de retour sur nos bords ? De tous nos conjurés quels seront les transports! L,e règne des tyrans touche donc à son terme !

Que je t'embrasse , ami! Salut , murs de Palerme;

fù

i4 LES VÊPRES SICILIENNES.

J'en jure par ce Dieu qui nous doit protéger, Vous serez affranchis du joug de l'étranger !

SALVIATI

Venez , quittons ces lieux.

Quelle terreur t'agite ?

Je suis dans mon palais?

SALVIATI

Notre ennemi l'habite...

Eh quoi , Charles d'Anjou ? le vainqueur de Mainfroi, Le bourreau, l'assassin de notre dernier roi? Charles dans mon palais? lui, cet indigne frère De ce pieux Louis que la France révère?...

SALVIATI

Non , et le jour neuf fois a fait place à la nuit Depuis qu'aux bords voisins sa flotte l'a conduit. On dit qu'il veut revoir, après dix-huit années, Les murs de Bénévent , les plaines fortunées Où le sort le fit roi , quand son dernier succès Soumit Naple et Palerme au pouvoir des Français. On dit plus, et, trompant l'ennui de l'esclavage, Mille bruits diflférens expliquent ce voyage : On dit que ses vaisseaux, du port napolitain, Menacent les remparts fondés par Constantin ;

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