ACTE III, SCÈNE IL
Triomphez, vos désirs sont enfin satisfaits!
AMELIE. .
Que je triomphe, ô Dieu ! du plus noir des forfaits !
Qui? moi, de votre mort, et vous l'avez pu croire!
Je poursuis de mes vœux cette horrible victoire!
Dans ces yeux, que vos soins n'ont jamais attendris,
Vous ne voyez encor que haine et que mépris?
Barbare, ta fierté, qu'un moment j'ai blessée,
Défend bien ton esprit d'une telle pensée.
Tu te complais peut-être en ta funeste erreur,
Pour jouir de mon trouble, observer ma terreur.
Oui, ces chagrins cuisans dont l'ardeur me consume,
Ce cœur chargé d'ennuis et gonflé d'amertume,
Tant de pleurs répandus, mes remords, mes combats,
T'ont prouvé malgré moi que je ne te hais pas :
Tu te fais une joie orgueilleuse et cruelle /
D'attacher sur mon front une honte éternelle,
Tu veux forcer ma bouche à se déshonorer
Par l'aveu d'un amour ïjue tu feins d'ignorer. \ Va, ta gloire est entière, et ta faible victime Périra dans l'opprobre en détestant son crime, Et sans se pardonner à ses derniers momens D avoir trahi pour toi le plus saint des sermens. Mais tu cours au trépas, tu meurs si je balance ; Mourons donc confondus dans la même vengeance»
L'éternité pour nous s'arme de tous ses feux : Eh bien ! que le ciel tonne et nous perde tous deux ! ( Je t'aime , ingrat ! tiens , lis...
(Elle lui présente le billet. ) MONTFORT.
Àh ! que viens-je d'apprendre ?
• ( Lisant. )
\j(^ue vois-je?