‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 38 sur 327 · ACTE ni, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCÈNE III

Les grands, environnés d'esclaves fanatiques, Travaillent au succès de leurs sourdes pratiques. Procida m'est suspect ; sachez que cette nuit La mer sur un esquif dans le port Ta conduit.

AMÉLIE

Je tremble !

MOtfTFORT.

Procida ?

GASTON

Sur un avis fidèle , De son retour prochain j'attendais la nouvelle; Vous auriez tout appris , si de tels intérêts Enchaînaient un moment vos désirs inquiets. Mais quel frein opposer à leur impati'ence? J'ai su, réduit par vous à garder le silence , Entourer le palais d'amis sûrs et prudens, Un d'eux l'a reconnu sous d'obscurs vêtemens : ^1 Par mon ordre arrêté, devant vous on l'entraîne. , ^

AMELIE.

le le perds !

MOffTFORT.

Sur ces bords quel dessein le ramène ?

GASTON

Sans doute un grand complot , prêt à s'exécuter , Avait besoin d'un chef pour oser éclater.

72 LES VEPRES SICILIENNES.

Des pièges qu'il nous tend démêlons l'artifice; La vérité jaillit du plus léger indice : Pour le convaincre, un mot, un seul témoin suffit. Coupable, il doit péfrir....

AMÉLIE , dans le plus grand trouble , à Montfort.

Rendez-moi cet écrit.

GASTON

L'état vous le défend s'il nous révèle un crime.

MONTFORT, bas.

En voulant la sauver, vous nommez la victime.

s^~ AMÉLIE.

O justice éternelle! est-ce lui que j'entends?

Voilà le digne prix de mes égaremens;

Il m'arrache le jour que ma bonté lui donne.

( A Elfride. )

Ote-moi de ces lieux.... La raison m'abandoune....

Ah! le cruel! pour lui j'ai tout sacrifié;

J'ai tout trahi, mon Dieu , l'honneur et l'amitié.

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