‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 41 sur 327 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Aux pieds des souverains rampant de cours en cours, Vous avez contre nous mendié leur secours!

Non, seigneur; mais j'ai vu la Sicile asservie, Avec la liberté j'ai fui de ma patrie.

MONTFORT

Aujourd'hui dans son sein qui vous force à rentrer? J

J'ai voulu la revoir avant que d'expirer. ^J

MOtfTFORT.

Quoi ! pour livrer vos mains à d'indignes entraves !

Pour vivre et mourir libre au milieu des esclaves.

MONTFORT

Vous perdez le respect, vieillard audacieux! '

Je ne sais qui de nous l'a conservé le mieux.

J'honore votre rang et le fais sans bassesse ; /

Mais ne devez- vous rien, seigneur, à ma vieillesse?

MONTFORT

Non , traître; je connais votre horrible dessein. j

LORÉDAN

Il sait tout!

PROCEDA.

Quel est- il?

MONTFORT

De me percer le sein.

Moi?

MONTFORT

(ALorédan.)

Toi-même , toi seul. Ah ! ce crime est infâme , Jamais tant de noirceur n'aurait souillé ton âme. On t'osait soupçonner, ma voix t'a défendu. Que ton accusateur d'un mot soit confondu; Ta foi me suffira, j'en croirai ta réponse :

( Lui montrant le billet. )

Connais-tu le complot que cet écrit dénonce?

loiuédan.

En croirai-je mes yeux? Il est trop vrai....

Mon fils !

LORIÏDAN.

Dans vos mains ! se peut-il ?... Dieu ! qui vous l'a remis ?

MONTFORT

Quoi ! tu serais l'auteur.... ?

LORÉDAN

Parlez.... Ah ! Finfidèle!

Quel prix de mes bienfaits, de mon amour pour elle!

Insensé, que dis- tu ?

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