‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 43 sur 327 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

( A Procida. )

Vous suivrez votre fils. Je sais qu'on vous soupçonne, Et , quel qu'en soit le but , ce prompt retour m'étonne. Gardez de murmurer quand ma sévérité Assure mon repos et votre liberté. j Par cet ordre envers vous ma faveur se déclare. Tous mes torts , Lorédan , ce moment les répare; Je suis quitte avec toi, je ne suis point clément. Ah! quand on est heureux , qu'on pardonne aisément^

Moi, de votre pitié j'accepterais ma grâce! Ma faute m'avilit si mon sang ne l'efface....

Vivez pour in'obéir et pour la réparer.

MONTFORT

Je puis hâter l'instant qui vous doit délivrer, Mais non vous affranchir d'un reste de contrainte: De ces murs , pour prison , je vous donne l'enceinte.

(A Gaston.) i

Qu'une garde nombreuse entoure le palais ; »

De nos remparts peut-être on veut troubler la paix ; Parcourez-les , Gaston ; s'il est quelque rebelle , Que votre seul aspect au devoir le rappelle. „J

Qu'on rassemble les chefs des plus nobles maisons ; Je veux me dégager du poids de mes soupçons ,

M'appuyer du secours de leur expérience : Ils attendront ici mon ordre ou ma présence.

( A Lorëdan et Procida.)

Croyez-moi, près du trône il vous reste un ami, Et le temps prouvera s'il pardonne à demi.

f\ otre danger commun plus que moi vous exile ; Puisse votre retour au sein de la Sicile Nous unir par des nœuds plus sacrés désormais !

, Lôrédan , c'est ainsi que se venge un Français.

Page 1