‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 65 sur 327 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

les précédens , PROCEDA, l'épée à la main , conjurés

portant des flambeaux.

PROCEDA, au fond du théâtre.

Nos tyrans ne sont plus , et la Sicile est libre :

Que Charle en frémissant l'apprenne au bord du Tibre.

Païenne pour ses droits jure de tout braver ;

Qui les a reconquis saura les conserver.

Quel spectacle! Montfort, que Lorédan embrasse!

A ses pieds prosterné, tu lui demandais grâce!

Quand ton pays respire après tant de malheur^ ,

Une indigne pitié peut t'arracher des pleurs ! j

De Montfort à jamais périsse la mémoire !

Il succomba sous toi , respecte ta victoire.

LORÙMJf-

i Arrêtez, ma victoire est un assassinat;

Je vois avec horreur vos maximes d'état.

Croyez-vous m'abuser ? Couverts de noms sublimes , i Ces crimes consacrés en sont-ils moins des crimes ?

Mon pays, dites-vous, me défend de pleurer;

Eh! m'a?t-il défendu de me déshonorer?

A ma rage insensée, à vous , à la patrie ,

J'immolai les objets de mon idolâtrie :

Amant, ami cruel , honteux de mes fureurs,

J'arrive par l'opprobre au comble des douleurs.

Vous m'avez entraîné dans ce complot funeste ;

J'ai tout perdu par vous, le remords seul me reste.

Farouche liberté , que me demandes-tu ?

. Laisse-moi mes remords ou rends-moi la vertu.

Ton premier pas est fait , règne sqr ce rivage.

Puisse mon père un jour, couronnant son ouvrage ,

Laisser un grand exemple aux siècles à venir!

( Il se frtppe. )

Tu m'absous de mon crime.... et je dois m'en punir.

rnooin*.

, Quel transport ! Qu as-tu fait ?

u>rédan.

Montfort, je vais te suivre.

D'un reproche importun mon trépas vous délivre;

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