SCENE IX
ArOXQUINj ARGENTINE, àlafcnêL-e;
ARGEJiTIÎÎE.
ll^CORE vous!
ARLEQUIN"
Ne vous fâchez pas: je ne demande plus de causer avec vous, pui-que vous ne le voulez pas; mais je vous ])rie seulement de reprendre votre billet.
A R G E îf T I ?<■ E.
C'est VOUS qui l'avez? Mais ce malheureux billet court le monde! Attendez, je descends.
ARLEQPiy.
Ah! je commence à reprendre un peu d'espoir. Je n'ai rien à me reprocher, je l'aime, je l'ai toujours aimée, elle m'a aimé : quand on consent à écouter quelqu'un qu'on a aimé et
68 LES DEUX BILLETS, qui nous aime, c'est qu'on a envie de le croiie... La voilà.
ARGENTINE
Souvenez -vous que je ne veux poinr d'explication sur le passé. Dites-moi seulement comment il se fait que vous avez mon billet.
ARLEQUIN
Tenez , le voilà : il est bien à moi, il fait toute mon espérance et tout mon bonheur: mais comme le bonheur ne vaut rien quand on est heureux sans votre permission , je vous le rendrai , si vous ne consentez pas que je le garde,
ARGENTINE
Non, assurément, je n'y consentirai pas. ( Elle prend le billet. ) VouS en avez usé d'une manière si indigne !
aller sacrifier mon billet à une autra iémme!
ARLEQUIN
Une autre femme? Ah! mon cœur