‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 4 sur 105 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ARL E QUI N , seul , un bLll^à'ta ûi^n.

Voici la première fols que je suis bien aise de savoir lire. Quel bonheur ! elle m'aime. J'en suis sûr à présent \ fcllel'a dit, elle l'a écrit, et Aigentinç ne peut pas mentir : elle a la bouché trop jolie etlamaîn trop blaiichepout tromper. Relisons encore son billet.

( Il lit. ) <c Sois tranquille , mon hon ami, ce ton rival ne doit te donner aucune «c inquiétude.Je t'aime».. Je t'aime!.»

ic n'ose pas baiser ce mot-là , de peur de l'effacer. ( Il continue de lire. ) <c mon

fe cœur est à toi pour toujours : tu au-

4o LES DEUX BILLETS.

ce ras ma main quand tu voudras ».

Quand je voudrai ! Je ne fais que le vouloir depuis que je la connois. Ma chère lettre, ma bonne lettre! (Hla baise.) Allons , plus d'inquiétude. Ce coquin de Scapin m'offusquoit. 11 fait semblant d'aimer mon Argentine ; et souvent ces amoureux menteurs ont de l'avantage sur les amoureux qui parlent vrai. Heureusement Argentine n'est pas de cet avis-là. Allons la remercier, et prendre jour pour notre mariage. Ah ! comme il fera beau ce jour-là ! ( 11 va et revient. ) 11 y a pourtant quel([ue cliose qui me cliagrine : Argentine a du bien , je n'ai rien , moi : je voudrois être riche , ou qu'elle lût pauvic. Ouandilya, comme cela, de l'argent d'un côté et qu'il n y a que de l'amourdeTautre, jenesaispas , mais cela ne va jamais si bien ([ue lorsque Tout est égal et f|u'ily a amour contre amour. J'ai beau faire , je ne peux paa

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