‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 40 sur 105 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

A R L E Q U I N , les embrassant ave« tendresse.

Cela étant, venez me baiser aussi.

( Ailequin , pendant tout ce couplet, a son visago tout près et au milieu de ceux de ses enfants ; il les baise presque à chaque parole, ) Quand VOUS voudrez me rendre bien heureux, vous n'avez qu'à rendre votre raere bien contente. Elle en sait plos que nous trois, voyez-vous; ainsi nous ne devons être occupés que de faire tout ce qu'elle veut. Nous y trouverons son plaisir, d'abord, et puis notre bien ; c'est tout ce qu'il nous faut : n'est-il pas vrai?

Oui , mon papa. Mais puisque nous avons été bien sages, vous devriez bien nous conter quelqu'un de ces beaux contes que vous savez.

LE CADET

Ah ! oui , mon papa.

io8 LE BON MENAGE.

ARLEQUIN

Volontiers : aussi-bien nous nou.^ ennuyons quand elle nous laisse seuls; cela nous ferapasser le temps. Allons, asseyons-nous. ( Il s'assied par terre , et fait asseoir un enfant sur chacune de ses jambes j le» deux petits garçons écoutent attentivement. ) Il y avoit une fois un roi et une reine rjui s'aimoient beaucoup, et que tout le

monde aimoit Ceci n'est pas un

conte , au moins.

LE CADET

Oh ! nous vous croyons bien , mon papa.

Nous vous croyons comme si nous le voyions.

ARLEQUIN

La reine étoit aussi belle que le roi ètoit bon; mais ils n'avoient point d'enfants, et celaleurfaisoitdu chagrin. Un jour que la reine étoit toute soûle dans sa chambre , elle entendit

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