ARLEQUIN, ARGENTINE, LES DEUX ENFANTS
ARGENTINE
Vous savez bien que jamais aucun chagrin ne peut me venir par votre papa ; au contraire , c'est toujours lui qui les dissipe.
LE CADET
Ah î le voilà. ( Il court à lui. ) Venez donc vite, mon papa; maman pleure, et elle dit que vous seul pouvez la consoler.
A Pi L E Q U I N , les repoussant tout doucement.
Laissez-moi , laissez-moi.
Ah ! mon frère, comme ila du cha- Crin ! ( Ils »e retirent tous deux au fond du théâtre , et y restent pendant toute la scène d'Arlcquia et Je sa femme. )
i32 LE BON MÉNAGE.
Madame , vous êtes fâchée de me revoir ; je le suis plus que vous : mais, comme j'ai le projet de vous oublier entièrementjje viens vous rendre tout ce qui pourroit me rappeller que nous nous sommes aimés. ( 11 déboutonne soa habit , et ouvre un petit sac qui lui pend au cou. )
Tout est dans ce petit sac: je Tavois
mis là, ( Il montre son cœur. ) pour que tout
ce que nous nous étions donné fut ensemble. Je vais vuider le sac devant vous, afin que vous n'imaginiez, pas que je garde quelque chose. (Iltireua portrait, ) \oici d'abord votre portrait. Il n'a pas changé comme vous; il est toujours joli; il vous ressembloit encore ce matin , mais il ne vous ressemble plus. Le voilà, madame. (Il le pose sur une table, et tire un papier plié. ) Voici le premier billet que vous m'avez écrit , que Scapin me vola , et que j'eus le bonheur de rattraper. L« voUà, ma-