‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 58 sur 105 · SCENE XVII. iS · texte numérisé non relu

SCENE XVII. iS

penifpas garder mes chagrins , moi ; J>1. Pandolfe a été plus afïligé que surpris; il m'a dit que M. Lélio s'amusoit à être Uamoureux de toutes les femmes qu'il voyoit. Carilne faut pas que vous vous imaginiez être la seule que M. Lélio adore. Il se moque de vous, tout comme des autres. Il en aime peut-être dix dans ce moment-ci ; et cette lettre-là a servi pour une douzaine. Sans aller plus loin , M. Pandolfe m'a dit qu'il avoit un peu tour^ né la tête à mademoiselle Rosalba.

ARGENTINE

Et vous pensez que j'aurois été capable d'enlever un amant à mademoiselle Rosalba, àmabienfaitrice, à celle à qui je dois tout ! \ous imaginez que j'aurois sacrifié ma tendresse pour toi, mon bonheur, mon repos , pour avoir le plaisir de chagriner mademoiselle Rosalba! Non , mon ami , l'anailié seule m'auroit défendue : mais

i38 LE BON MÉNAGE.

je Fétois assez par mon amour ^ qui est aussi vif, aussi tendre, qii 'au premier jour de notre mariage. Il est possible qu'une lemmejtrompe sou époux , mais elle ne peut pas tromper son amant : l'amour est une sauvegarde encore plus sûre que la vertu.

Mon ami , je suis innocente, puisque je t'aime, puisque je t'adore, puisque je préfère la mort à ton indifférence. . . I\ê])onds-ruoi. . . A quoi penses-lu ?

ARLEQUIN, la regardant.

Je pense qu'il seroit bien dommage que la fausseté eût ce visage-là.

ARGENTINE

Livre-toi au nnuivement de ton cœur ; reviens à moi , reviens à cello qui n'a pas cessé d'être à toi. Je ne me relevé pas que tu ne m'aies pardonné.

( Elle tombe à srs genoux ; les deux enfants accourent , et se mettent aussi à ses genoux. )

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