SCENE IX
aimé, je pleurerai toute ma vie le malheur de t'avoir perdu ; je te le dis, je te le répète, je trouve du plaisir à te l'avouer dans l'iiistant où je n'espère plus de pardon, où je ne me flatte plus...
ARLEQUIX.
De pardon ! ma bonne amie,qu'est' ce que c'est que ce mot-là? Quoi!
j'allois mourir, tu m'accordes la vie, et tu me parles de te pardonner! Mais c est à moi de te remercier, puisque c'est moi qui reçois ma grâce.
Quoi! tu daignerois...!
ARLEQUIN
Oui, je daignerai être heureux.
Car, il ne faut pas t'abuser, toute perfide, toute infidèle que tu étois , je n'ai jamais pu te haïr. Tu l'auroia été cent fois davantage, que je t'aurois toujours chérie; il dépendoit do toi, mon amie, de ra'ôter mon bon-.
heur, mais non pas mon amour.
L IT C E T T E lui tend la main.
Faisons donc la paix, veux-tu?
ARLEQUIN
De toute mon ame. Mais vous ne danserez plus avec M. Duval?
Je ne lui parlerai de ma vie. Mais tu n'iras point à la guenci?
ARLEQUIN
Ah! dame! c'est difficile à arranger à cause de ce général qui m'attend. Mais écoute , je lui écrirai qu'il donne toujours sa bataille, parceque j'ai eu des affaires , et que je me suis arrangé avec toi; et s'il lui falloil absolument quoiqu'un, nous pourrions lui envoyer k ma place M. Duval.
Ma mère arrangera tout cela avec 1© capitaine, qui est un bon homme.
Et lo sansonnet?