SCÈNE II
MEMNON, HARPAGE.
O vous ! pontife saint que l'Orient révère , Qui savez dire aux rois la vérité sévère , Et jamais , caressant les abus du pouvoir.
N'avez flatté l'empire et vendu l'encensoir.
Si je viens, près de vous, dans la même journée Où d'un siècle nouveau s'ouvre la destinée , Et dans le même temple où la fille des rois , De ses longues douleurs a déposé le poids , Un intérêt puissant pour elle et pour l'empire M'ordonne de parler, me dirige et m'inspire.
hyGoo^le
»i6 CYRUS.
Je vous Connais : mon cœur va s'ouvrir devant voas.
Un héros dans ces lieux ^ous fut promis à tous.
Xln roi le persécute ; un empire Viniplore :
Des promesses du ciel on se souvient encore;
On hait et Ton méprise un fanuSme de roi
Qui craint et qui se venge en répandant l'efiroi j
"Si du jeune Élénor j'ai guidé la vaillance,
Elénor avec moi sera d'intelligence :
Les gilerriers à regret courbent un front sotunis ;
D'Astyage abusé les fragiles amis,
Aujourd'hui dans sa cour pins rampans que fîdelles,
S'il vient à chanceler demain seront rebelles :
On les verra toujours sur les pas du pouvoir,
Et c'est leur intérêt qu'ils nomment leur devoir.
Mais Cyrus obtiendra de plus dignes hommages.
Qu'en peosez-vous, pontife, et qu'attendre des mages?
MEMBQN.
L'obéissance anx dieux et des vœnx pour Cyms.
HAKPIGE.
Des voeux ? Eh ! quoi , Memnon , vous n'avez rien de plus !
Quand des rois indolens déshonorent l'empire,
Contre eux-mêmes bientôt leur faiblesse conspire.
Bélus, aimé des siens et partout respecté.
Fut puissant par le glaive et grand par l'équité;
?jinas, Sémiramis, égalant son courage.
De ce roi fondateur ont cimenté l'ouvrage ;
Mais lès fUs de Ninus et de Sémiramis,
Plus crains de leurs sujets que de leurs ennemis ,
Dans les bras du sommeil attendaient leur couronne,
hyGoo^le