ACTE IV, SCENE VI. 35i
Vous vit, TOUS entendit pour la première fois. Mais il est temps de fuir un roi qu'aigrit la plainte. Ah! si vous aviez vu sa froideur, «a.conUainte j Comme il traitait Carlos respectueux, confus; De quel orgueil royal il enflait ses refus !
£q vain j'ai fait parler, et le doux nom de père, Et les maUieurs d'un fils, et l'ombre de ma mère, Et mes pleurs supplians qui baignaient ses genoux... Que Toïis dirai-je m£n ? j'étais guidé par vous. Rien n'a vaincu son ame inflexible et ferouche ; Jamais lé nom de Ëls n'est sorti de sa bouche. Jusqu'à quand ses dédains seront-ils impunis? U n'est plus père; et moi, je resterais son Olsi* pourquoi? Le seul Philippe, en son cœur sacrilège, D'étouffer la nature a-t-il le privilège?
JVon. Je quitte ces lieux : ce n'est pas sans retour; Plus fort, plus redouté, j'y veux rentrer un jour; Vos yeux m'y reverront. Malheur à qui m'opprime! Tous les nœuds sont rompus , puisqu'on me force au crime.
Au crime! Ah! que je puisse encor vous estimer! Vous concevez le crime, et vous osez m'aimer!
CAItLOS.
Vous connaissez Philippe, et vous blâmez ma fuite!
ELISABETH
Peut-être à l'excuser vos malheurs m'ont réduite :
Mais éclairez du moins, et sauvez vos amis.
Qù sont-ils ces hauu faits que vous m'aviez promis?
-rihyGoo^le
35a PHILIPPE II.
Ne les reodre^-voufi plus ces écIaUns services
Que de votre mlear aimoiLçaieiit les prémices ?
Pour voua, si'ieune encor, l'avenir est perdu!
Déshérité par vous d'un rang qui vous est dû,
Au rang d'usurpateur vous daigneriez descendre!
D'un projet criminel que pouvez-vous attendre?
L'opproI»« qui s'attache aux malheurs mérités.
Auriez-vous [irétendu, dans vos témérités.
Que de vous applaudir je deviendrais capaUe?
Que je consentirais à vous revoir coupable?
Qu'abandonnant mon roi, trahissant mon époux.
Contre Philippe un jour je m'armerais pour vous?
Que vous disposeriez de mon cœur adultère ,
Après avoir du tr6ne eidlé votre père?...
Vous frémissez, Carlos! et vous devez frémir.
Mais seul en cette cour avez-voos k gémir?
Ce n'est pas pour vous seul que IHiilippe est injuste.
N'importe; sans apptii la vertu, plus auguste,
Rentre en sa conscience avec tranquillité,
Et sait jouir encor de son adversité.
Je ne dis plus c[u'un mot : le roi vous craint; il m'aime;
Vous courez des périls ; j'en peux courir moi-même :
Ma^, queb que soient les coups qui vous sont préparés,
J'adopte vos malheurs si vous les honorez.
CAltLOS.
Comment présumez-vous que je les déshonore ?
Gardez votre pitié; je la mérite encore.
IVe craignez point ce cœur un moment abattu : Ah ^ puisqu'il est k vous, il est & la vertu. Je reviendrai, soumis à mon devoir austère.
hyGoogIc