‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 255 sur 258 · ACTE ni, SCÈKE V · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCÈKE V

Elle n*est plus.

Abominables fruits des gaerres inlestînes !

O rage'. 6 barbarie! 6 jonr de nos ruines!

Plus de noends, plus de droits j Fami sans fiissonuer Reconnaît son ami qu'il vient d'assassiner, >. Le père abat son fils , le fils frappe son père , L>e fr^re est étendu sons les coups de son fi^re, Chi dirait à les voir , Tnn sur l'autre acbamés , Se baigner avec joie an sang dont ils sont nés, Egoi^er d'un «il sec de si saintes victimes , Qu'ils prétendent lutter d'attentats et de crimes. De notre cbef auguste admirant les vertus.

Entre la ^rannïe et l'aspect de Brutus, Pendant quelques instans la fortune incertaine Ne sait à qui donner son amour et sa haine ; Mais son choix se déclare et tombe encor sur eux. Votre frère, madame, en ces momens affreux.

Blessé deux fois, couvert de sang et de poussière, Lui seul des triumvirs combat l'armée entière. B court , jette son casque et montre à tous les yeux Ces traits chéris de Rome , aux tyrans odieux. Un aflreux désespoir s'y mêlait au courage.

Il court, des pleurs amers inondent son visage^ A son premier aspect tout fuit épouvanté.

Au sein des légions il s'est précipité, A peine daigne-t-il songer k sa défense, Des tyrans i grands cris il demande vengeance. Les appelle j et son glaîve , -inudle en sa main, '

Ne peut aatour de loi verser de «mg romain.

hyGoot^le

43o BRUTUS ET CASSIUS.

Mais de tant dliéroïsme il reçoit le salaire ,

Tombe, et meurt d'un trépas qu'eût envié son père.

Déjà, de tous côtés, nos soldats renversés,

Nos chels, ou moissonnés, ou pris, on dispersés,

Le soldat rebuté, songeant à sa retraite,

Tout du parti des lois annonçait la défaite.

Les tyrans en leurs mains tiennent Lucilius;

J'ai TU tomber moi-même Albin, Statîlius,

J'ai vu se consommer l'œuvre de tyrannie.

J'ai TU le crime beureuz et la vertu pume ;

L'honneur, la liberté, la patrie aus abois,

Dans ses plus cbers enfans expirans mille fois,

La cause des mëchans par les dieux prot^ée,

Dans la nuit du tombeau Rome enùère plongée.

Enfin, de bouche en bouche, un bruit s'est répandu

Qu'an milieu du combat quelques soldais ont vu

De notre dictateur errer l'ombre sanglante ;

n a^tait sa main d'un glaive étincelante ,

Excitait, disent-ils, les siens à le venger,

Et lui-même au carnage aimait à se plonger :

Soit pour nous opposer un éternel obstacle

Que le ciel ait permis cet effrayant spectacle,

Soit qu'ib aient cru le voir ou qu'ils aient prétendu

Justifier ainsi leur courage perdu :

Tout meurt, fuit ou se rend; et cette plaine esclave

Voit nos débris courir sous les drapeanx d'Octove.

Hélas! d'un faible reste à peine environné,

Brutus lève son front pensif et consterné;

n regarde le Ciel , et de ses yeux stoïques , .

G>ulent sur notre sort des larmes héroïques.

« Je me suis abusé^la vertu n'est qu'un nom,

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