‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 79 sur 258 · ACTE 1, SCÈNE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VI. i

Les destins àe Corinthe ont triomphé d'un roi. Nous n'avons ce}>endant qa'ébranlé sa puissance. L'ombre du grand Dion demande encor vengeance ; Elle doit Tobtemr ; les chemins sont ouverts. J'ai conipiis Agrigente et délivré les mers ; C'était l'imiqne bnt de ma eourse guerrière ; Un autre achèvera ; j'ai rempli ma carrière.

Denys déconcerté tremble dans ses rempsrts :

Du despote vaincu voici les étendards.

Allez , braves guerriers ; suspendez dans la place Ces garans immortels de votre heureuse audace ; Que leur aspect nourrisse au cœur de vos enfàns L'amour de la patrie et l'horreor des tyrans !

DÉMIBISTE.

n est beau d'obtenir, de mériter l'estime :

Goûte bien , mon cher fila , cet hommage unanime

Dont l'éclat le poursuit jusques dans ces foyers

Où le front maternel attendait tes lauriers.

Tu rentres dam le ma de tes dieux domestiques :

Ton aspect réjouit ces Pénates antiques

Qui virent mes enfàns respirer, soua mes yeux,

La douce égalité si chère à leurs aïeux.

Ces portiques sacrés où mûrit ta ieunesse,

Ces murs religieux te rappelaient sans cesse :

Ta gloire , loin de toi , remplissait ce séjour,

Et notre liberté demandait ton retour.

OHTlQOaAS.

O ! des bons citoyens , la plm chère espérance !

Je t'ai dit: TuvaùuraSf lorsque, dans ton enfimce,

hyGoo^le

i54 TiMOLÉorr.

Assis sur ma genoux , tu plenrais k ma vâT ,

Qui d'Épaminondas récitait les exploits.

Ton ame fière et tendre, aux vertus destinée.

Le suivait pas à pas aux champs de Maniinëe.

lia , sur son lit de mort , tu lui tendais les bras.

Et tes jeunes soupirs enviaient son trépas.

Conserve à ce grand homme un souvenir 6d^e ;

Ceux qui viendront un jour te prendront pour mod^^

Ta mère a j comme moi , prédit ton avenir...

Avec elle un moment je veux l'entretenir.

Tu reviens ; bénissons Coiinthe et son génie.

Oa parle ici de paix , même de tyrannie :

Des esprits dangereux , plaignant nn roi pervers y

Osaient à notre armée annoncer des revers ,

Et , sur tes débris même élevant leur pensée y

Croyaient fouler ta gloire à leurs pieds renversa ;

Mais ta gloire est debout ; ils ont trop espéré ;

Tu parais dans Corinthe, et je suis rassuré:

Sous le pouvoir du peuple écrase leur puissance.

Ces héros d'un instant, grands durant ton absence.

Sont les feux de la nuit dont l'éclat incertain

Disparaît aux rayons de l'astre du madn.

TIMOLÉOir.

Sur l'intérêt commun tu m'in^res la crainte.

Je viens donc Retrouver la guerre dans Corinthel Digne contemporain de nos sages aïeux , Je t'entendrai vieillard ; je verrai par tes yeux. Rendons tous deux le calme à Corînthe troublée. Pryianes , dès ce jour , convoquez l'assemblée : Je veux , sans dififêrer, remettre au peufJe entier

hyGoot^le

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