‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 104 sur 251 · HENRI · texte numérisé non relu

HENRI

Soutiendrez-vous toujours une épouse infidèle ? Je TOUS vois , je vous aime , et vous me parlez d'elle ! Tai cherché le bonheur par cent chemins divers ; Des camps et de la paix ignorant les revers, [ant chaque jour les droits du diadème ,

nign^Pdi-vGoOgle'

ACTEI, SCÈNE m.

Prince, l^gûUteiir, et pontife suju-Sme , Fameux par le uVoir , puissant par les écrits , J'ai d'un peuple fêroce enchaîné les esprits. Du rêve des grandeors ma jeunesse bercée Au Tain nom de la gloire attachait ma pensée ; Crédule , j'ai goûté tous les plaisirs d'un roi , Sans trouver ce bonheur qui fuyait devant moi. D «t auprès de vous dans l'air que je respire; Sujette encor de nom , vous possédez l'empire ; Le diadème est prêt ; et les autels parés Bientôt des feux d'hymen se verront éclairés.

SEIHOUtt.

Ah ! que me parlez-vous d'hymen , de diadème ? Pardctnnez ; mais enfin ce rang , ce trône même , Tout vient me rappder un cuisant souvenir.

L'éclat dont votre bouche embellit l'avenir Laisse une nuit profonde en mon ame efirayée. ' Catherine à vos jours était encor liée, . Quand , fière d'un encens qu'elle obtenait de vous , Boulen vous vit porter le nom de son époux -, Boulen qui , maintenant capUve et solitaire , Gémit d'avoir régné sur vous , sur PAngleterre. Deux reines sous mes yeux ont rempli tour à tour Le trène où vous, voulez me placer en ce jour ; Sous mes jeux cependant tour à tour opprimées. Vous m'aimez aujourd'hui ; vous les avez aimées.

HENKI.

Ainsi vous avez cru de frivoles discours !

Catherine, unissant ses destins à mes jours ,

nign^Pdi-vGoOgle

aao HENRI VIIÏ.

Ne trouva qu'un épous qui l'évitait «m ctace,

Et jamais d'un soupir n'accueillit sa tendresM :

Je fus dans tons les tempa contraint de l'estimer;

Faible prix des vertus «pie l'on voudrait aimer !

Jeune encor , sans pouvoir, et sujet de mon père ,

Vendu par des traites comme un prince vulgaire.

D'un lien politique enchaîné malgré m<H ,

Sit6t que je l'ai pu j'ai dégagé ma foi.

J'aimai long'-temps Boulen ■, cet aveu m'humilie :

Mais j'ai dà mépriser une épouse avilie.

Sa coupaHe conduite appelait ma rigueur :

Elle a voulu se perdre et se fermer mon cœur.

Eh quoi ! n'est-il pas temps qu'à la fin je respire?

D'un objet criminel j'ai rejeté l'empire :

C'est quand on vous chérit , quand on subit vos lois ,

Qu'on peut être, madame, oi^eiHeui de son ch<Mx :

Les vertus, la beauté, la grâce plus touchante.

En vous tout me séduft, et nL'attire, et m'enchante;

Tout, jusqu'à cet eflïwi si modeste et si donx,

A l'aspect d'un haut rang digne à peine de voue.

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