‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 19 sur 251 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D'AMBOISE , seul.

J E vais donc le revoir ; )e vais enfin connaître

Jusqu'où tombe un héros quand l'amour est son maître.

Je n'en sauras douter ; ils brûlent tous les deux ;

Les regards d'Azémire étaient pleins de ses feux.

Ce superbe palais , ces marbres , ce portique ,

Tout ce faste imposant du luxe asiatique ,

A ces murs séducteurs ces cbiâres suspendus^

Dans un air enflammé ces parfums répandus ,

De mille voluptés les charmes infidèles

plongent l'ame étonnée en des langueurs mortelles....

I^on , tout n'est pas perdu , puisqu'il va m'éconter.

Un cœur si jeune encor pouvait-il résister ?

Ainsi dans un moment changent les destinées ,

Et d'autres soins jadis ont rempli tes journées ,

Turenne. Environné de guerre et de travaux.

Au scia de ses amis , de ses nobles rivanx ,

D respirait un air en grands exploits fertile.

Ici , dans les douceurs d'un loisir inutile ,

Son ame toute entière est en proie au sommeil ,

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