‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 223 sur 251 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Vous avez adore le nom de liberté :

Elle n'existe point dans les remparts de Rome , Partout où lliomme enfin n'est point égal à l'homme. Mais la fin de vos maux est en votre pouvoir; Et punir ses tyrans c'est remplir un devoir.

Jusqu'au fond de nos coeurs sa voix se fait entendre; C'est la voix de son frère.

. Amis , voyez sa cendre.

Là de Til>érius les débris consumés Par la main fraternelle ont été renfermés.

Vous l'avez tous connu ; ce sublime génie , Cher au peuple romain , cndnt de la tyrannie , Cette voix, ces accens, que vous n'cutendrez plus, Ces foudres d'éloquence et ces mâles vertus, Cet œil où respirait son ame ardente et fîère; "^ Tout est là , citoyens , tout n'est plus que poussière. Honorez de vos pleurs ce sacré monument.

Et déposons sur lui notre commua serment.

FIJI.VIU8.

Aux destins de Gracchus les vrais Romains s'unissent. Prononce le serment, tous nos cœurs applaudissent.

GKACCHUS.

O mon frère ! en ces lieux que ton cœur a chéris ,

Sous le toit paternel, et devant ces débris

Aussi saints que les dieux adorés dans nos temples,

nign^Pdi-vGoOgle

Nous jurons (*) d'imiter tes généreux exemples.

De servir, de défendre avec fidélité

Les intérêts du peuple et de la liberté.

Si nos cœurs se rendaient coupables d'inconstance ,

Puissions-Dous obtenir pour notre récompense

Le trépas, le remords abreuvé de poisons,

Et l'opprobre étemel qui suit les trabisoos !

cohuélik.

Généreux citoyens, que le ciel vous seconde!

Allez, et préparez la liberté du monde.

Toi, mon fils, mon soutien, mon unicpie trésor, , Par qui Tibérius semble exister encor.

Du fond de l'urne sainte et chère à la patrie, Dis-moi, n'entends-tu pas une voix qui le crie : « Mon frère me survit; je suis mort ^orgé; » Dix ans sont écoulés, je ne suis point vengé?» Ecout^ mon cher fils , et lé ciel et ta mère ; Sois docile à la voix de ton malheureux frère ; Sois sensible à ses cris qui te sont adressés; Fais payer au sénat les pleurs que j'ai versés ; Prends, reçois ce poignard des mains de Comélie; Sans remords, sans délai, frappe la tyrannie; Cours, vole, en répandant le sang des inhumains, Venger ton frère, toi, U mère , et les Romains.

GRACCHUS

Donnez ; je prends ce fer , je le prends pour défendre

(*) Caïas , on pTonoDçant c«« mata , éleDd la main tm'i l'urne (k Tibëriiisj Fulviul et le peuple font le mime

nign^Pdi-vGoOgle

Page 1